‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 49 sur 163 · MOKT PRÉCIEISE DE LA SOEUR BOURGEOYS, SES OBSÈQUES · texte numérisé non relu

MOKT PRÉCIEISE DE LA SOEUR BOURGEOYS, SES OBSÈQUES

On comprend aisément avec quelle ardeur i.

La sœur

cette vénérable fondatrice , arrivée à la fin de sa liouigeoys

tombe malade

longue carrière, soupirait après la bienheureuse .../P'^^i

à Dieu à la

éternité. A l'âge d'environ 79 ans, elle éprouva

une grande maladie, qui d'abord lui donna l'es- '^'^sœur""^

pérance de jouir bientôt de la possession de son

agonisante.

Dieu. Mais se voyant déçue de son attente, par l'effet des prières ferventes que ses filles avaient adressées au Ciel pour obtenir de la conserver encore quelque temps parmi elles , elle se plaignait agréablement , depuis son retour à la santé , de ce que , par leurs soins et leurs prières , elles (1) Vie de avaient prolongé la durée de son exil (1). Toute-

la sœur Bour- i u \ /

^^Te?' '**^' ^^^^ ' ^^^^ ^*^ tarda pas à exaucer les vœux de sa fidèle servante. La nuit qui précéda le J" janvier 1 700 , la sœur Catherine Charly, maîtresse des novices , malade à l'infirmerie , et qui déjà avait reçu les derniers sacrements , éprouva une violente crise, qu'on regarda comme l'annonce de sa mort prochaine. Effrayées du danger, les sœurs qui la veillaient coururent de toutes parts dans la communauté , pour annoncer aux autres cette triste nouvelle , e( les inviter à assister aux prières qu'on allait faire pour la mourante. Lorsque la sœur Bourgeoys apprit que la sœur Saint- Ange était à l'extrémité, elle poussa un grand soupir , qu'elle accompagna d'une courte mais fervente prière. Cette prière lui fut sans doute inspirée, non -seulement par le grand ramou qu'elle avait pour Dieu et le désir ardent de jouir au plus tôt de sa présence, mais encore par son humilité profonde et par l'intérêt qu'elle prenait au bien de la Congrégation , pour laquelle

m' PARTIE. — CHAPITRE V. 81

elle aurait volontiers sacrifié mille fois sa vie :

« Ah ! mon Dieu, s'écria-t-elle , que ne me pre-

« nez -vous, moi qui suis inutile à tout dans

« cette maison, plutôt cpie cette pauvre sœur,

« qui peut encore y rendre de grands services ! »

Dieu l'exauça à l'heure même. Car la malade

commença à se trouver mieux dès ce moment , et

fat bientôt tout à fait hors de danger ; tandis

que , sur le soir du même jour , la sœur Bour-

geoys , auparavant pleine de santé malgré son

grand âge , se sentit atteinte d'une grosse fièvre,

accompagnée de douleurs très -aiguës qui ne {i)Vie,eir.

lui laissèrent presque aucun relâche , les douze ^^e pr,,' m]

,11 , , /,» Ransonef, p.

jours qu elle vécut encore (ij. so.

Au milieu de ces vives douleurs, qui arra- if- .

^ Maladie

chaient quelquefois à la nature accablée des ^''^ '^

i ^ sœur

cris involontaires , on ne l'entendit jamais ni murmurer ni se plaindre. Elle recevait sans réplique tout ce qu'il plaisait au médecin de lui ordonner, ou aux sœurs qui la servaient, de lui présenter pour son soulagement , malgré la répugnance qu'elle éprouvait pour ces sortes de remèdes , et l'expérience qu'elle avait qu'ils ne servaient qu'à la faire souffrir de plus en plus. C'était ce qu'elle désirait avec ardeur ; car , dans sa maladie même , elle cherchait à augmenter ses douleurs par des postures gênantes. L'infirmière II. 6

Boura:eo\'s.

Sa sainte mort.

ayant enfin remarqué cette industrie de sa mortification , elle en reprit la sainte malade , et alors la mortification céda à l'obéissance. Semblable au saint homme Job , elle bénissait continuellement le Seigneur. C'était surtout dans ses plus vives douleurs , que les transports de son amour pour Dieu éclataient par des aspirations en forme de cantiques de louange. Elle en chantait souvent elle-même , et invitait les sœurs qui étaient auprès d'elle à chanter ceux qu'elle leur suggérait , comme les plus propres à entretenir dans son cœur le goût de la céleste patrie et les désirs les plus enflammés d'y arriver bientôt. Son grand amour pour la Congrégation la porta, dans le peu de jours qu'elle vécut encore, à faire à ses sœurs une recommandation importante. Ce fut de profiter des ouvertures que la Providence pourrait leur offrir, pour reconstruire , sur un plan plus vaste , les salles destinées aux sœurs , aux pensionnaires et aux externes , dont le nombre s'était accru considérablement depuis la construction de la nouvelle maison, où les sœurs demeuraient alors. Enfui, pendant les douze jours que dura sa maladie , elle ne cessa de faire admirer sa mortification , son obéissance , sa soumission aux ordres de Dieu , et le désir ardent qu'elle éprouvait d'aller

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