‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 53 sur 163 · XI, V. I · texte numérisé non relu

XI, V. I

« puisqu'// n'y a d'élus que ceux qui seront h'ou-

« vés confortncs à cet aîné des prédestinés (3). Msiis 's) ÉpUrc

' ^ ' aux RoDiatns,

« les âmes c[u'il a choisies pour ses plus grandes ^^- '^■'''•'^■- -^■ « œuvres , sont celles qui ont avec lui le plus de « traits de ressemblance, qui font plus d'iion- « neur à ce divin original ; et cette grande ser- « vante de Dieu a sans doute été de ce nombre.

« Le soin qu'elle a pris d'éviter l'éclat et de ^"H-

^ ^ - Union

« s'efTacer aux yeux du monde , nous a dérobé , ^^

J la sœur

« la connaissance de ses grâces. C'est pourquoi Bourgeoys

92 VIE DE LA sœUR BOURGEOYS.

à « je m'arrêterai plutôt à vous faire ressouvenir

Jesus-Chiust. *' ^

^°'^ , , « des exemples de vertu qu'elle vous a donnés

amour ardent t" i

la D-oix *^ ^* ^ont VOUS avez été les témoins, qu'à vous « raconter le détail des actes héroïques cju'elle a « pratiqués. Vous savez que, prenant un som- « meil fort court, elle passait les nuits, aussi « bien que les jours , en oraison presque conti- « nu elle, et que, dans le moment précieux de « la sainte communion , comme elle recevait son « époux , les yeux ordinairement baignés de « larmes, dans une bouche parfumée d'amou- « reux soupirs, il semblait que son cœur venait, « tout enflammé d'amour, à la rencontre de son « bien -aimé. Voilà ce dont vous avez été té- « moins ; mais pour les faveurs intérieures , ces « paroles, ces colloques du saint amour, qui « sont au-dessus du langage des hommes, ce « sont des mystères qui ne nous sont pas connus. « Le principal fruit de cette union avec Jésus- « Christ, c'est qu'elle l'a imité dans son amour « pour la Croix , dans son zèle pour les âmes , « dans son courage : trois vertus qui sont par- « ticulièrement le caractère de cette grande seru vante de Dieu.

« Dans son amour de la Croix , je renferme , « sous un seul mot , son amour de la pauvreté, « de la souffrance et de l'humiliation, qui sont

ni« PARTIE. — CHAPITRE V, 9.'{

u en effet les trois parties de la Croix; car si l'hu- « milité en fait le pied , la pauvreté et la souf- « france en font les deux bras. Vous n'avez qu'à u rappeler dans votre esprit les sentiments amou- « reux qu'elle avait de la pauvreté ; sa fidélité à w se refuser les choses les plus nécessaires, et à « se contenter des plus viles ; son abstinence pro- « digieuse , qui l'obligeait à ne se nourrir que du « reste des autres. Tout le monde sait son désin- « téressement et son détachement universel. « Mais quel exemple n'en a-t-elle point donné «( dans l'embrasement de sa maison ? Dieu, qui « voulait épurer cette âme précieuse, la traite « comme il traita autrefois le saint homme Job : « il lui ôte sa maison , ses provisions , et , ce qui « est plus sensible , deux excellentes colonnes de K sa communauté; et on l'a vue offrir à Dieu en « holocauste ces deux victimes , dont l'une était « sa nièce , et le louer avec une héroïque rési- « gnation. La souffrance est la sœur de la pau- « vreté et sa compagne inséparable. Quels tra- « vaux ne lui a-t-il pas fallu supporter dans le « commencement et dans la suite de cette vie « pauvre et dénuée ! Les peines et les travaux de « l'esprit ont succédé à ceux du corps, et comme « elle les a endurés avec une douceur, une éga- « lité et une patience parfaite , ils ont véritable-

« ment contribué à la rendre vile à ses propres « yenx , mais très-grande à ceux de Dieu et des « Anges. L'obéissance c|u'elle a rendue, non-seuu lement à ses supérieurs , mais même à ses pro- « près filles, est une leçon d'humilité pratique « plus persuasive que n'auraient pu l'être tous « ses discours. Voilà une partie de ce qu'a proie duit son amour pour la Croix. Mes sœurs , vous « avez eu part à sa pauvreté et à ses souffrances , « vous suivrez aussi les vestiges de son humilité. K Etant à votre tête, elle vous a mis la Croix « entre les mains , ou plutôt elle vous a mis entre (i les bras de la Croix , pour y vivre et y mourir, w Suivez ses exemples , montez sur la Croix , « selon le conseil de saint François de Sales, sans « espoir d'en descendre jamais. Mettez votre tête « dans les épines des chfficultés de la vie régu- « lière ; exposez votre cœur à la lance de la con- « tradiction ; laissez clouer vos mains aux clous « de l'obéissance, comme l'a fait votre digne M mère ; enfin, soyez ses imilatrices , comme elle « Va été elle-même de Jésus-Christ.

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