VIII. - Mais ce que nous ne devons pas omettre ici , et
Humilité . ,
Je l'i qui peut servir à justifier la venté de ces traits,
sœur Barbier ; ^
^'^^^^^} et de beaucoup d'autres qui semblent tenir du
envoyée ^ ^
en mission, mipade , c'est la basse opinion que la sœur Barbier avait d'elle-même, et que lui inspiraient son esprit de componction et sa sincère humilité. « Quand j'entrai à la communauté, écrit-elle, « j'aurais souhaité que l'on m'eût connue telle
SUR LA SŒUR MARIE BARBIER. iH
« que j'étais, afin d'être méprisée. Je sentais que
" cela m'aurait fait grand bien , et je me recon-
H naissais indigne de demeurer avec les ser-
« vantes de la sainte Vierge. Je ne désirais plus
« que de souffrir pour l'expiation de mes pé-
« chés, voulant même les dire en pleine com-
« munauté. Étant sacristine , je ne peux exprimer
« quelle était ma douleur lorsque j'étais obligée
« de monter sur l'autel pour le parer, pensant à
c( mes péchés et à la bonté de Dieu de me souffrir
« si près de lui, ce cpii me jetait dans une
« extrême confusion. Je priai même ma maî-
« tresse des novices de m'employer plutôt à
*< garder les vaches et les porcs , tant je me
« reconnaissais indigne de cet office (1). » On lui i.Leit^ede
la sœur Bar-
donna en effet le soin des vaches , et on a vu , ^'^'' « ■^^•
Gliindelet.
dans la Vie de la sœur Bowyeoys , avec c|uelle ardeur infatigable et quelle Immihté elle s'acquitta de cet emploi, quelc^ue vil qu'il put être aux yeux du monde. Elle fut employée aussi à soigner les biens de la campagne, d'abord à la Pointe-Saint-Charles , puis à Verdun , où elle se livra sans ménagement aux travaux les plus pénibles. Enfin, la cinc^uième année de sa profession, elle fut désignée, comme on l'a raconté , pour aller avec la sœur Anne commencer l'étabhssement de l'Ile d'Orléans, et quelque
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temps après on l'envoya à Québec pour y établir la maison de la Providence. Dans ce dernier emploi , elle eut mille fois l'occasion d'admirer les soins paternels de Dieu sur la communauté donl (1) Vie de h elle était cliarerée , et sa bonté pour elle-même ( 1 ).
sœur Barbier. O ' ... .
Nous n'entreprendrons pas d'en faire ici le détail, ni de raconter les épreuves diverses par lesquelles Dieu fit passer cette âme généreuse , pour la purifier toujours davantage et la rendre digne des desseins qu'il avait formés sur elle; car il la destinait , malgré sa grande jeunesse , à succéder bientôt à la sœur Bourgeoys dans la supériorité de la Congi^égation.