‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 60 sur 163 · SUR LA SOEUR MARIE BARBIER · texte numérisé non relu

SUR LA SOEUR MARIE BARBIER

embarras toujours renaissants, et tout réussissait par la Ijénédiction qu'ils donnaient à son travail. C'était la même assistance de leur part lorsqu'elle eut été chargée de la cuisine. Un jour surtout, ayant été retenue ailleurs par obéissance, et la sœur Bourgeoys ayant oublié d'envoyer une autre sœur pour préparer le dîner, il arriva que la sœur Barbier ne trouva rien de prêt lorsqu'on allait sonner l'examen particulier, exercice qui précède immédiatement le repas. « Je m'adressai alors à « mon refuge ordinaire, écrit-elle, et j'apprêtai « le dîner comme si de rien n'eût été. Je pensais « que l'on m'allait tout renvoyer à la cuisine ; « mais, au contraire, on m'assura qu'il v avait « longtemps que le potage n'avait été si bon , et « le reste également. »

Dans une multitude d'occasions, on eut lieu de remarquer combien Dieu se plaisait à récompenser cette grande confiance de sa servante au saint Enfant Jésus. Une sœur tombée dangereusement malade étant enfin réduite à l'extrémité , et ayant même reçu les derniers sacrements , la sœur Barbier alla se prosterner aux pieds de la statue de l'Enfant Jésus , dans la chapelle qui lui était dédiée à l'église paroissiale, et comme elle demandait la guérison de sa compagne , elle se sentit portée à lui faire prendre un morceau de

galette qu'elle avait à sa disposition. La sœur Bourgeoys et le confesseur de la communauté, à qui elle alla demander cette permission , traitèrent d'abord son dessein de pieuse extravagance. Mais , vaincus par ses instances, ils lui permirent cnfm de faire l'essai de ce moyen. 11 eut tout le succès qu'elle s'en était promis; car la malade, qui, auparavant, n'avait pas la force de rien prendre, n'eut pas plutôt avalé un morceau de cette galette , c^u'elle se trouva parfaitement guérie ; en sorte que dans le jour même elle fut en état d'aller par toute la maison. On rapporte d'autres traits semblables, qui eurent pour té- {i) Vie de la moiu toute la communauté (1), et qui sont autant de preuves touchantes de la simplicité et de la confiance de la sœur Barbier, et des témoignages sensibles de la bonté de Dieu, qui se plaît, comme dit l'Écriture, à faire la volonté de cxuv, v""?!^ c^-^ fj^i l^ craignent (2).

Page 1