‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 65 sur 163 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DEPUIS L'ÉLECTION DE LA SOEUR BARBIER A LA CHARGE DE SUPÉRIEURE JUSQU'A SA DÉMISSION.

Nous avons raconté, dans la Vie de la sœur i-

La

Bourgeoys, que cette digne fondatrice désirait sœur^Ba^rbier, depuis longtemps de se démettre de sa charge de ^"sWorce^ '

r • • . T M • -1 1 > <le servir

supérieure , craignant d être nuisible a sa coin- de modèle

. , . , .en tout

munaute a cause des adoucissements qu on avait à ses sœurs. introduits , et que la faiblesse des tempéraments

avait en effet rendus indispensables. Gomme elle voyait dans la sœur Barbier une ferveur courageuse pour se surmonter elle-même , et un amour insatiable pour la pauvreté , l'humilité et la mortification , joint à toutes les qualités qu'on peut demander dans une supérieure , elle disposa les esprits des sœurs pour la faire élire en sa place. iMais ce choix , qui réjouit toute la maison, affligea, au delà de tout ce qu'on peut dire, celle qui en était l'objet. Elle ne se consola que par la considération de la volonté divine , dont elle avait une marque assurée dans son élection, et par sa confiance sans bornes à Jésus et à Marie. Dès qu'elle se vit élevée à la tête de ses sœurs, elle jugea qu'elle devait procurer leur perfection, surtout en leur offrant l'exemple d'une vie qui put leur servir en tout de modèle. « Quand je fus « supérieure , écrit- elle , on voulut me donner « quelques meubles de distinction ; je les refusai ; « et lorsqu'on en mit quelqu'un dans ma cham- M bre , qui ne m'était pas absolument nécessaire , « je le laissai là, et ne voulus jamais m'en ser- « vir. Mon ambition serait en effet d'être plus « pauvre que les autres, pour être plus semblable « à Notre-Seigneur , qui , étant riche de tous les (i) Lettre « biens , a voulu être le plus pauvre des hommes

de la sœur , .

Barbier. « pour 1 amour de nous (,1). »

Page 1