SUR LA SOEUR MARIE BARBIKR. H
Mais , afin d'attirer la bénédiction du Ciel avec H-
La
plus d'abondan(T sur la Conaréfîration , elle se ^^^'^ Barbier
■ '^ o se voue a Diet'
voua à Dieu comme victime pour toutes ses vicuîne'rour sœurs , et sembla entrer dès lors dans une voie congrégation, nouvelle d'abnégation et d'austérités. Dans ce dessein , elle renouvela l'offrande qu'elle avait faite d'elle-même à Dieu l'année précédente , et en dressa un acte que nous rapporterons encore ici, pour faire mieux connaître que par tout ce cpie nous pourrions dire, sa rare humilité et le grand esprit de pénitence de cette digne et fervente supérieure. A l'exemple des âmes les plus innocentes et les plus élevées en grâce, elle s'abîme si profondément à la vue de ses imperfections , et parle d'elle-même dans des termes si humiliants et si excessifs , que , si on ne connaissait d'ailleurs sa vertu , on devrait la prendre à ce langage pour une pécheresse publique.
« Mon Dieu, mon Sauveur et mon juge, toute « confuse de mes abominations , souffrez que , « prosternée à vos pieds, je demande une goutte « de votre précieux sang, pour laver mon âme « infectée par tant de péchés. Que mon cœur soit '< brisé de douleur de mes offenses ; je veux , « aidée de votre grâce, en faire pénitence le « reste de ma vie. Je renouvelle pour cet effet « l'abandon et le sacrifice que je vous ai fait de
« moi-même, pour endurer toutes les peines inté- « rieures et extérieures qu'il vous plaira de m'en- « voyer , sans me plaindre ni murmurer , vivant « dans une mort continuelle à mes inclinations, et « dans rindifférence à toute sorte d'état , accep- « tant de bon cœur les sécheresses et les ari- « dites, les tristesses mortelles et les abandons <■<■ les plus insupportables. Que je vive dans un « entier oubli des créatures , pour ne m'occuper « que de vous seul. 0 mon Jésus, faites-moi souf- « frir , non pas comme je le mérite, l'enfer n'est « pas assez profond pour m'engloutir ; mais selon « vos miséricordes. x\yez pitié de cette pauvre « communauté dont vous m'avez chargée ; que « je ne sois pas cause de sa destruction. Faites- « m'en porter toute la peine, et épargnez mes « sœurs qui sont vos humbles servantes. Très- « sainte Vierge, à qui aurais-je recours, si ce « n'est à vous? Vous êtes ma mère et mon unique « refuge; mon âme est noyée dans la tristesse; « je mets mon salut entre vos mains. Faites, ô « sainte Vierge , que j'accomplisse la volonté de « votre divin Fils jusqu'au dernier soupir de ma
soeur Barbier. « Vie (^Ij. »