‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 96 sur 163 · II. Au milieu de cette consternation générale, la · texte numérisé non relu

II. Au milieu de cette consternation générale, la

Prédiction ...

de la sœur sœur Le Ber . qui vivait recluse dans la maison

LeBer. ^

Sa confiance ^q \^ Conffréffation, inspira de la confiance à tous,

an ser.nnrs O c ' i '

par celle qu'elle fit paraître au secours de la trèssainte Vierge. La personne chargée de lui porter sa nourriture, et qui seule avait la liberté de lui parler , vint lui dire que si les Anglais avaient un vent favorable , leur flotte arriverait à tel jour de-

au secours de Marie,

vant Québec, et que c'en serait fait de la colonie. A ce discours , la sœur Le Ber garda quelque temps le silence ; puis elle répondit d'une manière nette et précise: Noîi, ma sœur; la très-sainte Vierge aura soin de ce pays; elle est la gardienne de Villemarie: nous ne devons rien craindre (1). {\-)Eiogesde

^ ^ quelques per-

Néanmoins , comme on savait certainement cpie fn't^e"ur''de l'armée de terre s'était mise en marche , et qp'on f/ontléai; vie s'attendait à voir la ville investie par les Anglais, la sœur Le Ber donna à cette fille une image de la sainte Vierge. Sur cette image elle avait écrit de sa main une prière , par laquelle elle recommandait à cette puissante mère de la Congrégation, la garde du blé destiné à nourrir les sœurs, renfermé alors dans une grange à la campagne. Xa prière était ainsi conçue : « Reine des anges, « notre souveraine et très-bonne mère , vos filles « de la Congrégation confient à vous seule la « garde de leur blé , et mettent en vous toute leur « confiance : espérant de votre bonté que vous « ne souffrirez pas que vos ennemis touchent « au partage de celles qui sont sous votre pro- « tection. » Cette image fut attachée à la porte de la grange. A peine eut-on connaissance de cette action , que divers particuhers portèrent des images à la Congrégation en demandant que la sœur Le Ber y écri\àt aussi quelque prière de sa

main. Elle s'y refusa par humilité ; ce qui porta les plus mécontents à dérober l'image de la Congrégation ; en sorte qu'elle fut contrainte, malgré elle , d'écrire cette prière sur une nouvelle (1) ibid. image (1).

ni. Cette confiance aux prières de la sœur Le Ber

Piété '-

de Lon^'iSeii ^'^^^î* pas particulière au peuple : les personnes ^aiix^2?ières^^ du premier mérite la partageaient elles-mêmes , sœur Le* Ber. comme le trait suivant le montra. M. le baron de Longueil (*) , gouverneur de la ville . surnommé avecraisonle Machabéedu Montréal, jugeant qu'il ne fallait pas laisser arriver les Anglais jusqu'à Villemarie sans leur dresser cpielcpie embuscade , résolut d'aller avec une poignée de monde les attaquer proche de Chambly , où ils devaient passer. Mais ne comptant que sur la protection de Marie, il voulut s'avancer à leur rencontre armé d'un étendard sur lecpiel fût peinte l'image de la très -sainte Vierge , et autour de laquelle la sœur Le Ber eût écrit une prière de sa composition. [î] Éloges de Celle-ci ne put s'y refuser cette fois (2), et écrivit

quelques personnes mortes la prière suivante : « Nos ennemis mettent toute

en odeur de ^

sainteté h ^^ jg^p coufiaiice daus leurs armes : mais nous

Montréal, ib. '

« mettons la nôtre au nom de la Beine des anges, « que nous invoquons. Elle est terrible comme

(*) Il était cousin germain de M"^ Le Ber.

« une armée rangée en bataille ; sous sa protec- « tion nous espérons vaincre nos ennemis. »> M. de Belmont bénit l'étendard , et le mit solennellement entre les mains de M. de Longueil, dans l'église paroissiale de Notre-Dame , en présence de tout le peuple , accouru à un spectacle si édifiant. Après quoi , ce brave et vaillant capitaine partit promptement, plein de confiance, portant {VjHùtoirec/e

, . . ,., , . l'Hôtel - Dieu

iui-meme cette enseigne , qu il regardait comme de Québec ,

in-12, p. 477-

un gage assuré de la protection du Ciel (1). 478.

Sa confiance ne fut pas vaine : le Ciel combattit césa^^tre visiblement pour les Canadiens. Car la flotte an- a^ngiaisef

effet de

glaise qui allait attaquer Québec , étant entrée dans la protection

de Dieu

le fleuve Saint-Laurent, et se trouvant au nord de sur

les Canadiens.

l'île aux Œufs , le vent du sud souffla avec tant d'impétuosité , pendant la nuit du 2 au 3 septembre, qu'en moins d'une demi-heure sept des plus gros vaisseaux se brisèrent sur les rochers et les baltures avec une violence épouvantable. Les éclairs et les tonnerres se mêlant au bruit des flots et des vents , la foudre tomba sur l'un des vaisseaux, et le fit sauter si loin que sa quille fut trouvée bien avant sur la grève (2). On trouva aussi vmtei^l^mel étendus sur le rivage près de 3000 cadavres, 482-483. parmi lesquels on reconnut deux compagnies ta Nouvehe'^entières des gardes de la reine d'Angleterre, qu'on lè^'^pè're ^de

,. . /.-IN 1 -L Cha,levoix,t.

distingua a leurs casaques rouges (3). Après un ii,p. 357.

tel désastre, l'amiral anglais, craignant de perdre le reste de sa flotte , retourna droit à Londres , avec le peu de vaisseaux qui lui restaient; et, n'osant se présenter à la reine , il fit sauter son navire quand il fut sur la Tamise , tout près du portj où il périt avec tout son équipage, à l'exception de deux hommes. Enfin, l'armée de terre qui marchait sur Villemarie rebroussa chemin dès qu'elle eut appris la défaite de la flotte ; et le jour que les Anglais arrivèrent à Boston, la consternation générale fut encore augmentée dans cette pHôt'ei^-Dieu ^'^^6 par uu furieux incendie, qui consuma qua-

de Québec, p. , -, • , ,\

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