DES NOCES DE MARIE ET DE SAINT JOSEPH
Dans îe cours de ses visions sur la vie publique du Sauveur, Anne - Catherine le vit, le 24 septembre 1821, prêcher, quatre joui s avant son baptême, dans la synagogue de Gophna et s'arrêter quelque temps chez l'un des chefs de celte synagogue, lequel était parent de saint Joachim (i). Elle entendit, à cette occasion, deux veuves, tilles de cet homme, s'entretenir ensemble du mariage de Joseph et de la Vierge auquel elles avaient assisté, dans leur jeunesse, avec les autres membres de leur lamiUe; voici ce qu'elle dit à ce propos :
Tandis que les deux veuves parlaient ensemble du mariage de Marie et de Joseph, j'ai vu, dans un tableau, cette noce et surtout les habits de noce de Marie, dont ces bonnes femmes ne savaient comment décrire la beauté. Je vais reproduire de ce tableau ce que j'ai encore présent à l'esprit.
(!) Fie de Notre-Seigneur Jésus-Christ^ tom. V, p, 81.
174 VIE DE LA TRÈS-SAIN iE VIERGE.
Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept ou huit jours, se firent à Jérusalem, sur la montagne de Sion, dans une maison qui était souvent louée pour des fêtes de ce genre. Outre les maîtresses et les amies de Marie à l'école du temple, il s'y trouvait un certain nombre de parents d'Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces se firent avec beaucoup de luxe et de solennité; on immola à cette occasion et on sacrifia un grand nombre d'agneaux. Surtout les vêtements de noces de la Vierge étaient si beaux et de si bon goût, que les deux femmes aimaient encore à en parler si longtemps après. Une vision m'a rendu leur entretien plus intelligible; voici ce que je puis encore en redire.
J'ai vu très-distinctement Marie avec ses habits de fiancée. Elle avait un vêtement de dessous en laine blanche sans manches; les bras étaient enveloppés avec les bandes tombant de cette chemise en laine blanche ; car, à cette époque, les chemises avaient, au heu de manches fermées, des bandes de ce genre. Au-dessus elle avait, de la poitrine jusqu'au cou, une sorte de collerette, ornée de perles et d'ornements d'argent, ayant à peu près la forme de la collerette de dessous que j'ai découpée récemment pour l'essénien Argos (i). Elle mit ensuite une tunique extrêmement large et ouverte sur le devant; elle était de haut en bas aussi large qu'un manteau et avait des manches extrêmement amples. Cette tunique, dont le fond était bleu, était rehaussée de grandes fleurs rouges, blanches, jaunes, brodées ou tissées dans l'étoffe avec des feuilles vertes, comme les magnifiques chasubles du temps passé. J'ai remarqué au bas de la tunique des franges et des galons, et dans sa
{{) Voir plus haut, chap. ii. p. .