‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 102 sur 304 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

partie supérieure une garniture qui la rattachait à sa blanche collerette. Au-dessus de cette large tunique, on lui mit, après que les plis eurent été disposés avec grâce, une sorte de scapulaire assez semblable à celui que portent un grand nombre de religieux^ ainsi par exemple les Carmes. Ce scapulaire^ fait de soie blanche avec des fleurs en or, et qui avait environ une demi-aune de largeur, était orné sur la poitrine de perles et de pierres précieuses et descend dait tout d'une pièce jusqu'à la bordure de la tunique^ dont il cachait l'ouverture antérieure; il se terminait en bas par des franges et des glands. Elle avait sur le dos une bande d'étoffe semblable et deux autres plus courtes et plus étroites sur les épaules et les bras. Ces quatre pièces d'étoffe se croisaient autour du cou. De chaque côté, sous les bras, la partie antérieure et la partie postérieure du scapulaire étaient réunies par des agrafes ou des chaînettes d or; ainsi la large tunique était comprimée dans sa partie supérieure, et la pièce de devant du scapulaire était tendue de telle façon que l'on voyait le riche tissu de la tunique bouffer un peu sur les côtés, à l'endroit des agrafes. Les larges manches de la tunique, que recouvraient les pièces latérales du scapulaire, étaient maintenues par des bracelets, d'abord entre la main et le coude, puis entre le coude et l'épaule. Ces bracelets, larges de deux doigts environ et ornés de lettres, se terminaient par des fils de métal tordu et formaient, en serrant les larges manches, des bouffes à l'épaule, au coude et au poignet; les manches se terminaient par des manchettes blanches frisées faites de laine ou de soie. Enfin elle mit un long manteau bleu de ciel, ayant la forme d'un grand voile. Outre ces vêtements, les juives portaient, en certaines cérémonies civiles ou religieuses , une sorte de manteau de deuil avec manches, lequel était

COUSU d'une façon particulière. Le manteau ou surtout de ia Vierge était maintenu sur la poitrine, en dessous du cou, par un bijou au-dessus duquel elle mit une collerette blanche, faite de plumes ou de soie. Le manteau, qui tombait sur les épaules, était relevé de chaque côte et se terminait en pointe; sur les bords, il était garni de fleurs d'or. La chevelure de Marie était arrangée avec un art extrême. Ses cheveux, partagés au miheu de la tête, étaient ensuite divisés en un grand nombre de jolies tresses, lesquelles, se croisant entre elles et étant rattachées par des perles et des rubans, formaient un magnifique réseau, qui couvrait les épaules, retombait sur le dos jusqu'au milieu du manteau et se terminait en pointe. A l'extrémité des tresses, les cheveux étaient bouclés en dedans; enfm le réseau tout entier était entouré d'une garniture de franges et de perles, dont le poids servait à maintenir le réseau lui-même en bon ordre. Je m'occupai ensuite delà coiffure; elle avait d'abord sur les cheveux un bandeau de laine ou de soie écrue, fermé au-dessus par trois bandes de la même étoffe. Ce bandeau lui-même était surmonté d'une couronne large comme la moitié de la main et enrichie de joyaux, terminée par trois arcs qui se réunissaient au sommet. Je remarquai à cette couronne trois grosses perles groupées ensemble sur le devant et une autre de chaque côté. Marie avait dans la main gauche une petite couronne de fleurs rouges et blanches, dans la main droite elle portait en guise de sceptre un magnifique flambeau doré, sans pied. Le corps du flambeau, renflé au milieu et orné de différent dessins au-dessus et au-dessous de l'endroit par lequel on le tenait, se terminait dans sa partie supérieure par une sorte de soucoupe, dans laquelle brûlait une flamme blanchâtre. Les chaussures de la Vierge avaient des semelles épaisses de deux doigts

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