CHAPITRE SIXIÈME
environ, appuyées par devant et par derrière sur deux parties saillantes. Les semelles étaient vertes; on eût dit que les pieds reposaient sur le gazon. Deux bandes d'étoffe, l'une blanche et l'autre dorée, les maintenaient sur le cou-de-pied , lequel était nu; quant aux doigts, ainsi que je l'ai toujours remarqué pour les femmes de ce temps, lorsqu'elles étaient en toilette, ils étaient enveloppés d'un morceau d'étoffe qui faisait corps avec la semelle. Ce furent les jeunes filles du temple qui arrangèreiii le réseau de la Vierge ; elles s'employèrent à plusieurs à ce difîiciie ouvrage, et en finirent plus tôt qu'on n'aurait pu le croire. Sainte Anne avait apporté elle-îTiême ces magnifiques vêtements; Marie était si humble qu'elle hésita beaucoup avant de les mettre. Après la cérémonie du mariage, ses tresses furent relevées et rattachées autour de la tête, on lui ôta sa couronne, on lui mit un voile aussi blanc que le lait, qui lui retombait jusqu'au milieu des bras, et on replaça la couronne au-dessus du voile.
La Vierge avait des cheveux blonds fort abondants, des sourcils hauts et noirs, le front très-hauî, de grands yeux ordinairement baissés avec de longs cils noirs, le nez assez long et bien fait, la bouche élégamment découpée et le menton légèrement pointu; elle était de taille moyenne; quand je la vis avec ses riches atours, je fus frappée de la gravité éléganîe de sa marche. Dans la cérémonie de ses noces, elle mit encore un autre vêtement à lignes, un peu moins riche, dont je possède un fragment parmi mes reliques. Elle porta ce vêlement rayé à Cana et dans plusieurs autres cérémonies saintes. Quant à sa robe de noces, elle la mit encore plusieurs fois pour aller au temple. Les gens riches, dans les noces, changeaient jusqu'à trois et quatre fois de toilette. Marie, avec ces magnifiques atours, ressemblait singulière-
ment à des femmes illustres qui ont vécu longtemps après elle, comme sainte Hélène et l'impératrice sainte Gunégonde ; la forme de ses vêtements s'éloignait beaucoup de celle des juives de la même époque, lesquelles suivaient de préférence les modes de Rome. — Sur la montagne de Sion, non loin du cénacle, il y avait un grand nombre de tisserands, lesquels fabriquaient de riches étoffes, ainsi que je l'ai vu à cette occasion.
Quant à saint Joseph, il portait pour son mariage une tunique longue et ample, de couleur grise, fermée de haut en bas par des agrafes ou plutôt par des glands; les larges manches de la tunique étaient aussi fermées sur le côté par des agrafes; elles étaient relevées au poignet -et garnies de poches à l'intérieur. Autour du cou il avait une fraise brunâtre ou plutôt une large étole; deux morceaux d'étoffe blanche, assez semblables aux rabats de ons prêtres, mais beaucoup plus longs, lui retombaient sur la poitrine.
J'ai vu tous les détails du mariage de la Vierge et de saint Joseph, le festin nuptial et tout le reste de la fête; mais j'ai vu avec cela tant d'autres choses, puis j'étais alors si souffrante et si dérangée que, de peur de manquer d'exactitude, j'aime mieux ne pas en dire davantage.
l'anneau nuptial de la vierge.
Le 29 juillet 1821, la pieuse servante du Seigneur eut une vision reMive aux suaires du Sauveur et à plusieurs de ses portraits, miraculeusement imprimés sur des linges. Sa contemplation Tayant conduite en différentes localités où ces objets précieux sont les uns entourés d'hommages et les autres oubliés de la plupart des hommes et honorés seulement par les anges et par quelques personnes