CHAPITRE SEPTIÈME
qu'elle avait conçu; ce fut pour lui une source de doutes et d'inquiétudes, car il n'avait rien su de l'ambassade de Gabriel à la Vierge. Aussitôt après son mariage, Joseph s'était rendu à Bethléem pour y arranger quelques affaires de Famille, et Marie était allée à Nazareth avec ses parents et plusieurs de ses compagnes. La salutation angélique avait eu lieu avant le retour de Joseph, et Marie, par réserve et par humilité, avait conservé pour elle le secret du grand Roi. Malgré les inquiétudes qui le travaillaient, Joseph ne dit absolument rien et lutta intérieurement contre ses doutes. La Vierge, qui comprenait sa douleur, était grave et pensive, et cela ajoutait encore au trouble de Joseph. — A leur arrivée à Nazareth, je vis que la Vierge, au lieu de s'établir aussi chez son époux, passa quelques jours chez une famille de sa parenté; c'était dans la famille de Parménas, lequel n'était pas encore né à cette époque, et qui fut disciple du Sauveur et plus tard l'un des sept diacres dans l'église primitive de Jérusalem. — Les parents de Parménas étaient aUiés à la sainte famille; sa mère était sœur du troisième époux de Marie Cléophas, c'est-à-dire du père de saint Siméon, évêque de Jérusalem. Ils avaient à Nazareth une maison et un jardin où ils cultivaient les plantes aromatiques. Ils étaient aussi aUiés à la sainte famille du chef d'Elisabeth. — J'ai donc vu la Vierge passer quelques jours chez eux avant de retourner chez saint Joseph, Les inquiétudes de saint Joseph s'étaient tellement accrues, qu'au moment où elle lui iparla de rentrer chez lui, il avait pris la résolution de la laisser et de fuir secrètement. Tandis qu'il était occupé de ces pensées, un ange lui apparut en songe et le consola.