CHAPITRE HUITIÈME
des tapis, des bandages et des langes, tout a été préparé avec une sorte de surabondance.
Saint Joachim n'est plus en vie, je vois un autre homme chez sainte Anne, laquelle s'est en effet remariée. Son nouvel époux avait un emploi au temple, et était chargé de l'inspection des victimes. J'ai vu que quand il était aux champs, sainte Anne lui envoyait souvent des provisions, c'est-à-dire des pains et du poisson dans un sac de cuir, à plusieurs compartiments. Il y a encore chez sainte Anne une johe petite fille, de sept ans environ, qui se trouve habituellement avec la Vierge et reçoit d'elle des leçons ; je crois que c'est la fille de Marie Gléophas, elle porte aussi le nom de Marie. Joseph n'est pas actuellement à Nazareth, mais il doit bientôt y revenir, il revient de Jérusalem où il est allé conduire des animaux destinés à être immolés.
J'ai vu la sainte Vierge à la maison; son terme était proche. Elle travaillait dans une chambre, en compagnie de plusieurs femmes, elles préparaient des couvertures et différents autres objets pour ses couches. —Sainte Anne était dans faisance, elle possédait des troupeaux et des pâturages. Elle fournissait abondamment à tout ce dont la Vierge avait besoin, suivant ce qui s'observait pour les personnes de sa condition. Comme elle croyait que Marie ferait ses couches chez elle et qu'elle s'attendait à recevoir, à cette occasion, la visite de tous les membres de sa famille, elle préparait, sans regarder à la dépense, tout ce que réclamait la naissance de l'enfant de la promesse, mais surtout de belles couvertures et de riches tapis, — J'ai vu une couverture du même genre chez Elisabeth pour la naissance de saint Jean-Baptiste. On y avait brodé des symboles et des maximes, et fixé au centre une sorte de poche dans laquelle la mère pouvait se placer de telle façon que
quand les différentes parties avaient été rattachées par des rubans et fermées par des agrafes, on eût dit un marin dans une petite barquette, ou un enfant dans son berceau; des oreillers qu'on mettait par derrière lui permettaient de rester assise : c'est ainsi qu'une femme, récemment accouchée, recevait les visites de ses amies, lesquelles se plaçaient sur le bord du tapis. — Tels étaient, sans parler des langes, les objets que l'on préparait chez sainte Anne, j'ai vu qu'on y employait des fils d'or et d'argent. Tous ces objets n'étaient pas précisément destinés à la Vierge, un certain nombre devaient être donnés aux pauvres, qu'on ne pouvait oublier dans ces jours d'allégresse. J'ai vu la Vierge et les autres femmes assises par terre, autour d'une sorte de coffret : chacune d'elles, armée de deux petits bâtons auxquels étaient attachés des fils de différentes couleurs, travaillait, en même temps que ses compagnes, à la belle couverture placée dans le coffret. — Sainte Anne était très-occupée, elle était toujours en mouvement : elle allait chercher de la laine, elle la distribuait aux travailleuses, elle indiquait à chacune ce qu'elle avait à faire.
UN ANGE DONNE A JOSEPH l'oRDKE DE PAKTIR POUR BETHLÉËiM.
LUNDI V2 NOVEMBRE. — Joscph doit arriver aujourd'hui à Nazareth; il revient de Jérusalem, où il est allé conduire des animaux destinés aux sacrifices. Il a logé dans la petite hôtellerie à un quart de lieue de Jérusalem, du côté de Bethléem; elle était tenue par deux vieillards pieux, qui [n'avaient point d'enfants; on n'y recevait que des personnes tranquilles.