CHAPITRE HUITIÈME
mandait pas à être logé gratuitement, cet homme impitoyable répondit malhonnêtement que sa maison n'était pas une hôtellerie; il ne voulaiî pas être dérangé et n'aimait pas qu'on frappât à sa porte, l'étranger devait donc passer son chemin. Le malheureux ii'entr'ouvrit même pas sa porte et leur tint ce dur langage à travers la porte fermée. Ils allèrent donc un peu plus loin et pénétrèrent dans un magasin auprès duquel l'ànesse s'était arrêtée/Joseph fit du feu et prépara un lit pour la Vierge, avec son assistance. Il fit entrer l'âne, pour lequel il avait trouvé de la paille et du fourrage. Je les ai vus successivement prier, prendre un léger repas et se livrer durant quelques heures au sommeil. — De la dernière station jusqu'ici, il y a environ six heures de marche; ils sont maintenant à vingt-six lieues de Nazareth et à dix de Jérusalem. Jusqu'ici ils n ont pas suivi les routes principales, mais ils ont traversé plusieurs chemins à l'usage des caravanes qui vont du Jourdain au pays de Samarie et aboutissent aux grandes voies militaires qui joignent la Syrie à l'Egypte. Les sentiers qu'ils suivent n'ont guère de largeur; dans les montagnes surtout ils sont si étroits que les hommes peuvent à peine y marcher sans broncher; quant aux ânes, ils y ont toujours le pied sûr. La dernière station était dans la plaine.