PRODIGES EN EGYPTE ET AU PAYS DES MAGES
J'ai VU aussi en Egypte des présages de la naissance du Sauveur. Bien au delà de Matarée, d'Héliopolis et de Memphis, une idole énorme qui avait longtemps rendu des oracles, fut subitement réduite au silence. Le prince ordonna dans tous le pays de nombreux sacrifices, afin que le Dieu pût du moins indidiquer les raisons de son silence. Dieu l'obligea bientôt à déclarer qu'il se taisait et devait fuir, parce que le fils de la Vierge était né, et qu'on lui élèverait un temple en cet endroit même. Le prince conçut alors la pensée de lui en élever un à côté de celui de l'idole. Je ne me rappelle pas exactement la suite; je sais seulement que l'idole disparut, qu'on éleva en cet endroit un temple à la Vierge et à l'enfant qu'il avait annoncé ^t qu'on les honora suivant les rites païens.
Je vis encore, à l'heure même de la naissance du
(1) 11 s'agit sans doute de Tapparilion que les Mages Tirent ati^ moment de la naissance du Saureur et dont on parlera plus loin.
Sauveur, un fait extraordinaire que virent les rois mages. Ils observaient les astres et avaient sur une montagne une tour pyramidale à degrés, faite en partie de bois ; plusieurs de leurs prêtres s'y trouvaient toujours, occupés à observer les astres. Ils annotaient leurs observations et se les communiquaient entre eux. Je crois avoir vu la nuit dernière deux des trois mages sur la tour; le troisième qui demeurait à Test de la mer Caspienne, n'était pas avec eux. Ils considéraient toujours une même constellation dans laquelle ils observèrent plusieurs modifications et à l'occasion de laquelle ils eurent des visions du ciel. J'ai vu la nuit dernière l'image qu'ils reconnurent et qui présenta successivement plusieurs aspects différents. Ils la virent, non dans une étoile, mais dans une réunion d'étoiles, qui semblait être en mouvement. Voici une idée de cette image: ils aperçurent un bel arc-en-ciel au dessus de la lune, laquelle était dans l'un de ses quartiers; l'arc-en-ciel soutenait une vierge, une jeune fille; la jambe gauche était pliée comme celle d'une personne assise; l'autre, plus étendue, reposait sur la lune. A gauche delà Vierge, sur l'arc-en-ciel, était un cep de vigne, et à droite une petite gerbe. Je vis ensuite un calice, assez semblable à celui dont on se servit pour la sainte cène, apparaitre devant la vierge, monter jusqu'à elle, ou sortir brillant de la masse de lumière qui l'entourait. Bientôt un jeune enfant sortit du fond du calice, et au-dessus de l'enlant s'éleva un orbe brillant, semblable à une remontrance vide et duquel se détachèrent des rayons ou plutôt des épis. Je songeai alors au Très-Saint-Sacrement. Du flanc droit de Tenfant lequel sortait lui-même du calice, jaillissait une tige terminée par une sorte de large fleur, sur laquelle s'épanouissait une église octogone, avec une ,grande porte d'or et deux portes latérales. De sa main