‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 169 sur 304 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

mentation des voyageurs. Ils avaient encore dans des sacs de cuir des pains de même dimension, entassés les uns sur les autres commue des morceaux de bois, et qu'ils détachaient seulement au moment de s'en servir. Ils avaient encore de beaux vases d'un métal jaunâtre , ornés de pierres précieuses et ayant à peu près la forme de nos vases d'église, calices, bassins, plats ; ils s'en servaient soit pour boire, soit pour faire passer les objets servant à leur alimentation. Les bords de la plupart de ces objets précieux étaient ornés de pierres rouges d'un grand prix.

Le costume des voyageurs variait suivant la tribu a laquelle ils appartenaient. Théocéno l'olivâtre et ses gens, ainsi que Menzor le brunâtre, portaient une calotte élevée, aux couleurs bariolées, avec une bande blanche serrée autour delà tête. Leur tunique, qui descendait jusqu'aux jarrets, était fort simple et n'avait pas d'autre ornementation que des boutons et quelques broderies sur la poitrine; ils avaient aussi des manteaux légers, larges et longs, qui pendaient par derrière. La coiffure de Séir le brun et des siens consistait en une sorte de bourrelet blanc, surmonté d'une coiffe aux couleurs variées et d'un appendice d'une teinte différente. Leurs manteaux, plus courts, étaient plus longs par derrière que par devant; leurs tuniques, qui ne leur descendaient pas au-dessous des genoux, étaient fermées par un grand nombre de boutons saillants et garnies sur la poitrine de rubans et de broderies aux couleurs resplendissantes; ils portaient sur la poitrine une sorte d'écusson, ayant à peu près la forme d'une étoile. Leurs jambes nues étaient ornées de bandelettes auxquelles se rattachaient des sandales. Les chefs avaient à la ceinture des sabres courts ou grands couteaux, ainsi que des bourses et de petits coffrets. Il y avait parmi les rois

et leurs parents des hommes de cinquante, quarante, trente et vingt ans; plusieurs avaient la barbe longue, d'autres la portaient extrêmement courte. Les serviteurs et les chameliers étaient vêtus beaucoup plus simplement, plusieurs même n'avaient sur eux qu'un morceau d'étoffe ou une vieille couverture.

Après avoir enfermé les animaux, leur avoir donné à manger et s'être eux-mêmes abreuvés, les voyageurs allumèrent du feu au milieu du hangar sous lequel ils s'étaient établis. Ils se servirent pour cela de beaux fagots, formés de morceaux de bois ayant environ deux pieds et demi de longueur, qui leur furent vendus par les gens du pays; ils semblaient en avoir des provisions considérables à l'usage des voyageurs qui parcouraient leur pays. Pour cela les mages eux-mêmes firent un bûcher triangulaire, couronné par un certain nombre de morceaux placés régulièrement avec une ouverture pour le passage de l'air; le tout était disposé avec iDcaucoup d'art. Pour'faire du feu je ne sais comment ils s'y prenaient, mais je les ai vus placer un morceau de bois dans un autre, le faire tourner quelque temps et le retirer ensuite tout allumé. Quand ils eurent ainsi disposé leur feu, ils tuèrent un certain nombre d'oiseaux qu'ils rôtirent.

Les mages ét les anciens faisaient dans chaque groupe l'oHice du père de famille; ainsi ils dépeçaient les aliments et les présentaient aux leurs; je les vis mettre des petits pains et les portions d'oiseaux sur des plats ou assiettes reposant sur des pieds peu élevés, et les faire circuler alentour; ils remplirent aussi les coupes et donnèrent à boire à tous leurs gens, Les serviteurs du rang le plus bas, parmi lesquels se trouvaient des nègres, étaient assis par terre sur un tapis, de l'un des côtés de la table; ils atten-

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