‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 168 sur 304 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

par saint Thomas; Théocéiio, le aune, que le Sauveur trouva malade dans le camp de Menzor, en Arabie, fut baptisé sous le nom de Léon; quant à Séir ou Saïr, il était déjà mort lors de la visite de Notre-Seigneur. » Son conftsseûr lui demandant comment^ce dernier avait pu être baptisé^, elle ne se laissa pas dérouler par cette question et répondit en souriant : « 11 était morS, il reçut le baptême de désir. » Le confesseur ajouta : « Je n'ai jamais entendu parler de ces noms; ceuxqu'on leur donne ordinairement, sont : Gaspard, MelcUior et Balthazar. » Elle répondit : « On leur a donné ces noms parce qu'ils s'accordent avec leur caractère; le premier signifie : 11 va avec amour; le second : Il s'insinue, il pénètre doucement; le troisième : Sa volonté a la rapidité de la flèche, sa volonté s'unit promptement a celle de Dieu. Ella sembla prendre un plaisir particulier à ces indications et traduisit les idées qu'elle attachait à ces trois noms par une pantomime singulièrement expressive (|).

28 NOVEMBRE. -— Go fut à uïie demi-journée de marche de la ville en ruines où j'avais remarqué ce grand nombre de colonnes et de statues, que je rencontrai d'abord la caravane complète; le pays était singulièrement fertile. On apercevait çà et là des habitations de bergers, entourées de murailles de pierres blanches ou noires. Le cortège se dirigeait vers un puits, situé dans la plaine et dans le voisinage duquel se trouvaient un grand nombre de vastes hangars, ouverts sur le côté; il y en avait trois au milieu et un nombre considérable à l'entour. li me sembla que c'était un lieu de station pour les caravanes. Le cortège formait trois groupes distincts; chacun de ces groupes comprenait cinq personnages distingués; le chef, le roi, en était comme le père de famille, il veillait à tout, il donnait des ordres, il distribuait les provisions. Chaque subdivision avait son teint particulier: les hommes de Menzor étaient d'une belle couleur brunâtre, ceux de Séir étaient d'un brun plus foncé; enfin, ceux de Théocéno étaient olivâtres. Je n'ai vu personne d'un noir bril-

(i) Nous laissons aux linguistes le soin de ^décider jusqu'à quel point ces explications peuvent être admises.

Jant, excepté quelques esclaves dans chacun desgroupes. Les personnages distingués étaient assis sur des chameaux, entre les énormes paquets recouverts de tapis, dont ils étaient chargés; ils avaient de petits bâtons à la main. Derrière eux venaient d'autres animaux, de la taille de nos chevaux: ils portaient, outre des bagages, des serviteurs et des esclaves. Arrivés à la station, ils descendirent de leurs montures, les déchargèrent et les abreuvèrent à la fontaine. La fontaine était entourée d'un petit ouvrage en terre, surmonté d'une muraille avec trois ouvertures. Dans cette enceinte était le réservoir, lequel était placé un peu plus bas et consistait en une sorte de pompe avec trois tuyaux fermés par des manivelles. Le réservoir était fermé au moyen d'un couvercle. Un homme de la ville ruinée les avait accompagnés et leur ouvrit le réservoir pour de l'argent. Ils avaient des outres qui pouvaient s'aplatir complètement et qui se divisaient en quatre compartiments; quand on les avait remphes d'eau, quatre chameaux y buvaient simultanément. Ils étaient tellement économes relativement à l'eau, qu'ils n'en laissaient pas perdre une seule goutte. Ensuite on fit entrer les animaux dans de petites loges séparées et découvertes qui se trouvaient dans le voisinage du puits; il y avait là devant chaque animal une auge en pierre, dans laquelle on mit du fourrage dont ils étaient chargés; c'étaient des grains gros à peu près comme des glands (peut-être des fèves). Je remarquai, parmi les objets dont on les déchargea, de grandes cages oblongues, hautes et étroites, suspendues aux flancs des bêtes de somme, au-dessous des énormes paquets qui les chargeaient ; chacune d'elles renfermait, suivant la grosseur, un ou deux oiseaux, assez semblables à nos pigeons ou à nos coqs ; chacun de ces oiseaux était isolé. Ils servaient à l'ali-

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