CHAPITRE ONZIÈME
Jacob, prophétie qu'il leur développa longuement. Ses enseignements furent très-bien reçus; ils élevèrent même sur une montagne une haute tour, dans laquelle habitaient tour à tour en assez grand nombre des sages et des astrologues : j'ai vu cette tour, elle était comme une montagne large par le bas et se terminant en pointe; j'y ai remarqué aussi de petites cellules dans lesquelles ils demeuraient. Tout ce que l'on observait dans les astres était consigné par écrit et transmis de bouche en bouche. Diflérenls incidents tirent cesser ces pratiques, plus tard ils tombèrent en d'affreuses superstitions et sacrifièrent des enfants sous prétexte de hâter l'avènement de l'enfant promis. Cinq cents ans environ avant celte époque-ci, c'est-à-dire avant la naissance du Sauveur, ils avaient complètement interrompu leurs observations. Le peuple était alors partagé en trois branches représentées par trois frères; ils demeuraient à part avec leurs tribus, et chacun d'eux avait une fille; Dieu donna en même temps aux trois jeunes filles un esprit prophétique, et on les vit bientôt parcourir le pays avec de longs manteaux, rappelant les prophéties de l'étoile et du fils de Jacob et eu faisant la base de leurs enseignements. Grâce à elles, le peuple, longtemps infidèle, recommença à observer les astres et à soupirer après l'enfant. Les mages descendaient en bgne directe des trois frères, dont ils étaient séparés par quinze générations et cinq cents ans environ; les nuances si différentes que l'on observe maintenant dans leur teint proviennent de leurs unions avec d'aiUres races.
Depuis l'apparition des prophétesses jusqu'au Sauveur, il y avait toujours eu plusieurs des ancêtres des mages réunis dans un grand bâtiment pour l'observation des astres; des modifications importantes avaient été introduites, à la suite des communications di-
vines, dans leur culte et la disposition de leur temple; malheureusement ils furent encore longtemps fidèles à la pratique d'immoler des hommes et des enfants. Toutes les époques remarquables, celles surtout qui se rattachaient à l'avènement du Messie, leur furent indiquées par des visions merveilleuses et Tobservation des astres. J'ai vu pendant leur entretien, un grand nombre de ces visions; mais je ne saurais pas les reproduire avec quelque netteté. Depuis la conception de la Vierge, c'est-à-dire depuis quinze ans environ, des images de plus en plus nettes leur avaient montré Tavénement prochain de l'enfant; enfin ils avaient même eu des lumières touchant la passion du Sauveur. Il leur était facile de déterminer l'époque à laquelle apparaîtrait l'étoile de Jacob, prophétisée par Balaam (i), car ils avaient vu l'échelle de Jacob, et, en compta ni le nombre des degrés etlasuitedes images quis'yproduisaient, ils pouvaient comme avec un calendrier fixer l'époque de f avènement du Libérateur; car lextrémité de l'écheile conduisait à fétoile, ou plutôl l'étoile était la dernière image que présentât l'échelle. L'échelle de Jacob, telle qu'ils la virent, était un tronc d'arbre, avec trois rangées circulaires d'échelons, lesquels supportaient une suite d'images qu'ils voyaient apparaître dans rétoile, lorsqu'elles se réalisaient. Ainsi ils savaient toujours ce qui devait arriver et pouvaient même supputer le temps qui devait s'écouler entre l'accompKssement d'un signe et le suivant. Au temps de la conception de la Vierge, ils virent une vierge tenant d'une main un sceptre et de l'autre une balance dont les plateaux, se faisant équilibre, étaient chargés l'un d'épis de blé et l'autre de raisin . Un peu plus bas ils aperçurent la Vierge avec l'en-
{]) Nombres, xxiv, i7.