‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 176 sur 304 · CHAPiTRE OA'ZiÈME · texte numérisé non relu

CHAPiTRE OA'ZiÈME

lant, Bethléem leur apparut sous la forme d'un beau château, d'une ville où d'abondantes bénédictions étaient concentrées et distribuées. Ils y virent la Vierge avec l'enfant, environnés d'une lumière céleste; à leurs pieds se prosternaient des rois qui leur offraient des présents. Ils virent aussi la Jérusalem céleste, et, entre les deux villes, une voie ténébreuse, toute couverte d'épines, de luttes et de sang.

Les mages prirent ces images au pied de la lettre; ils supposaient que le nouveau roi était né au milieu delà magnificence, et que tous les peuples se prosternaient devant lui; ce fut pour cela qu'ils allèrent le visiter chargés de présents. Ils crurent que la Jérusalem céleste qu'ils avaient vue était son royaume sur la terre, et que c'était là qu'ils devaient aller. La voie "ténébreuse qu'ils avaient observée était, suivant eux, la route qu'ils avaient à faire, ou bien encore le jeune roi était menacé d'une guerre; ils ne savaient pas qu'elle désignait la passion du Sauveur. Plus bas sur l'échelle, ils virent, et je vis avec eux, une tour fort bien travaillée et assez semblable à celles que je vois sur la montagne des Prophètes; au miheu d'une tempête furieuse, l'auvent de la tour, laquelle avait plusieurs entrées, servait de refuge à une Vierge, mais j'ai oublié ce que figurait ce symbole (s). Il y avait, sur cette échelle de Jacob, un nombre considérable d'images, et surtout des symboles de la Vierge, des emblèmes que l'on retrouve dans ses litanies, la fontaine scellée, le jardin fermé, puis aussi des rois qui lui présentaient un sceptre ou un rameau. Ils virent ces différentes images entrer dans les étoiles aii fur et à mesure qu'elles se réalisaient. Durant les trois dernières nuits, ils les virent dans un mouvement continuel Là-dessus le plus digne

(I) Peut-être la fuite ea Egypte.

des trois envoya des messagers aux autres, et voyant sur l'échelle les rois offrir leurs présents à l'enfant nouveau-né, ils se mirent aussitôt en route âvec leurs riches présents, ne voulant pas, disaient-ils, arriver les derniers. Toutes les tribus, vouées au culte des astres, aperçurent l'étoile; mais celles-ci seulement la suivirent : l'étoile qui les dirigeait n'était pas une comète, c'était un disque lumineux porté par un ange. Durant le jour c'était l'ange lui-même qu'ils suivaient. Grâce à tant de prodiges, ils s'étaient mis en route avec une immense attente, plus tard ils furent extrêmement surpris de ne rien voir de ce qu'ils espéraient. Combien ne furent-ils pas attristés de l'accueil d'Hérode et de l'ignorance absolue de tous ceux auxquels ils parlaient! Enfin, quand, arrivés à Bethléem, ils trouvèrent, au lieu du magnifique château qui leur avait été montré, un souterrain informe, ils furent agités d'un grand doute; cependant ils persévérèrent dansla foi et virent dans le Dieu-Enfant la réahsation de ce que l'étoile leur avait promis.

Ces observations étaient accompagnées de prières,, de différents autres actes de religion, de mortifications, de purifications; ils ne se bornaient pas à observer un seul astre, mais les mouvements combinés de plusieurs. Ces pratiques exerçaient une influence fâcheuse sur des gens dont les intentions étaient mauvaises; ils tombaient, en s'y adonnant, dans des convulsions affreuses, et c'était alors que se faisaient ces affreux sacrifices d'enfants. D'autres au contraire,, comme les mages, se livraient, dans un recueillement parfait, au milieu du calme le plus profond, à ces observations qui les rendaient de plus en plus charitables et pieux.

Page 1