‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 179 sur 304 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

d'Israël. Il s'emportait contre elle à cette occasion, de même que l'on voit maintenant des hommes se fâcher parce que leurs femmes passent trop de temps à l'église. Il était mort peu de temps après l'avoir abandonnée.

On n'a plus revu depuis quelques jours à la crèche ces gens malhonnêtes qui demandaient -avec tant d'audace et ne faisaient qu'insulter et blasphémer; c'étaient des mendiants qui allaienl à Bethléem pour la fête de la Dédicace du temple des Machabées. Cette lête est fixée au 25 du mois de casleu (1); mais, comme, l'année de la naissance du Sauveur, elle coïncidait avec le sabbat, elle fut reculée d'un jour, et ne commença que le jour du sabbat, au soir, le 26 du mois de casleu. Cette fête durait huit jours.

Joseph célébra le sabbat à la crèche, sous la lampe, en la compagnie de Marie et de la servante. Le samedi soir commençaient les fêtes de la Dédicace du temple. Joseph établit en trois endroits différents des candélabres, sur chacun desquels il alluma sept petites lampes. On est maintenant fort tranquille, parce que la plupart des visiteurs étaient des voyageurs qui se rendaient à la fête. Jusqu'ici la garde est venue tous les jours pour *renfant. Anne envoie souvent des messagers chargés de présents et qui lui reportent des nouvelles. Les femmes juives ne se contentent pas de donner le sein aux plus jeunes enfants ; aussi au bout de quelques jours on a donné à l'enfant Jésus une bouillie faite de la moelle d'une plante marécageuse, laquelle est légère, agréable au goût et nutritive. — Durant le jour. Fane est ordinairement dans les pâturages voisins, on ne le rentre que pour la nuit.

(1) Le 25 du mois de casleu aniva donc le sixième jour après la circoncision ; par conséquent ia circoncision eut lieu le 19 casleu, et la naissance du Sauveur le 12 du môme mois.

DLMANGHE 9 ET LUNDI lO DÉCEMBRE. — Hier dimanche je n'ai plus vu la garde revenir à la crèche. Chaque jour, soir et matin, Joseph se livre aux pratiques commandées par la fête. Depuis qu'elle est commencée à Jérusalem, on est ici parfaitement tranquille. Le lundi arriva un messager de sainte Anne. Il apportait à la Vierge, entre autres objets, de l'étoffe pour faire une ceinture de femme et une charmante corbeille de fruits, fermée en haut par des roses naturelles placées sur les fruits et parfaitement fraîches; la corbeille était haute et étroite; les roses n'avaient pas la couleur des nôtres, elles étaient plus pâles et presque couleur de chair; il y en avait aussi de jaunâtres et de blanches, elles étaient grosses et bien pleines; enfin il s'y trouvait aussi des boutons. Marie me sembla très-heureuse de cet envoi, et plaça la corbeille à côté d'elle.

Ces jours derniers, j'ai souvent vu les mages dans leur voyage, ils étaient dans un pays de montagnes; ainsi ils ont franchi celles où l'on trouve en si grande quantité de ces morceaux de pierre qui ressemblent à des fragments de pots cassés; je suis toujours trèsdésireuse d'en avoir, tellement ils me paraissent beaux : il y a là aussi des montagnes où l'on trouve en abondance des pierres blanches transparentes, semblables à des œufs d'oiseau, ainsi que du sable blanc. — Je viens de les voir dans le pays qu'ils habitaient à l'époque oii le Sauveur les visita; je ne les m pas vus à la ville de tentes, car elle n'existait pas encore à cette époque.

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