‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 187 sur 304 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

heure à l'endroit même où l'on devait passer le Jourdain. Comme on était au jour du sabbat, ils n'ont rencontré sur leur rouie qu'un petit nombre de voyageurs. Il était environ sept heures quand ils passèrent le fleuve D'ordinaire on le traversait sur un simple radeau fait de quelques planches, mais pour les caravanes considérables on dressait une sorte de pont. Ce pont était fait pour de l'argent par un certain nombre de bateliers qui demeuraient sur la rive; mais à cause du jour du sabbat, les voyageurs eurent à s'occuper eux-mêmes de ces préparatifs et ne furent aidés que par un petit nombre de païens, esclaves des bateliers, dont ils rétribuèrent les services. Le Jourdain n'était pas très-large en cet endroit, encore s'y trouvait-il des bancs de sable. On disposa des planches sur les poutres dont se composait le radeau ordinaire, afin de faire passer les chameaux. Je vis encore que quand la caravane fut arrivée à Tun des premiers bancs de sable, on enleva le pont mobile et on le reporta plus loin, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle fût parvenue à l'autre rive. Il fallut un certain temps pour que toute la caravane pût passer heureusement.

Le soir, vers onze heures et demie, elle dit encore :

Ils laissent Jéricho sur la droite, ils sont précisément dans la direction de Bethléem, mais ils tournent un peu plus à droite, du côté de Jérusalem. Il y i a bien avec eux une centaine d'étrangers. J'aperçois à distance une petite ville qui ne m'est pas inconnue, sur un cours d'eau qui de Jérusalem va de J'ouest à Test. Ils traverseront certainement la petite ville ; ils ont pendant quelque temps le cours d'eau à main gauche. Je vois Jérusalem tantôt paraître et tantôt disparaître, suivant les sinuosités de la route.

Plus tard elle dit encore :

Ils ont pourtant négligé la petite ville, ils ne l'ont pas traversée, ils ont tourné plus à droite du côté de Jérusalem.

Aujourd'hui 22 décembre au soir^ après la clôture du sabbat, j'ai vu la caravane des mages arriver en avant de Jérusalem; j'ai vu ses hautes tours qui s'éievaient dans les airs. L'étoile qui les guidait avait presque entièrement disparu, elle ne brillait plus qu'un peu derrière la ville. Plus ils s'étaient approchés de Jérusalem, plus les voyageurs avaient senti leur courage faiblir; car l'étoile n'était plus à beaucoup près aussi brillante qu'auparavant, et depuis qu'ils étaient en Judée ils ne l'avaient vue que fort rarement. Ils s'étaient imaginé trouver partout de l'allégresse et des réjouissances au sujet du Sauveur nouveau-né qu'ils étaient venus chercher de si loin, et cependant ils ne voyaient nulle part la moindre trace de mouvement; ils étaient donc inquiets et incertains, croyant que peut-être ils s'étaient trompés.

La caravane, forte de plus de deux cents hommes, se développait sur environ un quart de lieue. Déjà à Causeur un groupe formé de personnages distingués s'était jouit à eux, d'autres en avaient lait autant un peu plus loin. Les trois mages étaient assis sur des dromadaires, ou chameaux à deux bosses, entre les paquets dont ces animaux étaient chargés ; venaient ensuite trois autres dromadaires, chargés de paquets et montés par des guides. Chacun des mages avait avec lui quatre jeunes chefs de sa tribu; ce fut parmi eux que je vis le mari de Cuppès et Azarias d'Atom, assez jeunes à cette époque et que je retrouvai trente ans plus tard mariés et pères de famille lors du voyage » qui^ le Sauveur fit en Arabie (1). La plupart des au-

(i) Vie de Noire-Seigneur Jésus-Christ ^ tom. VI, cliap. xviii, p. 3 et 8.

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