‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 188 sur 304 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

très compagnons des mages montaient des animaux rapides, au pelage gris et dont la tête était singulièrement gracieuse; je ne saurais dire si c'étaient des ânes ou des chevaux, mais ils étaient tout différents de nos chevaux. Les montures des chefs étaient richement caparaçonnées et chargées d'étoiles et de chaînettes d'or. Plusieurs des gens de la troupe s'étant avancés jusqu'à la porte revinrent avec des soldats et des surveillants. On s'étonnait de voir arriver à une époque que ne marquait aucune fête, par une route peu fréquentée, une caravane si considérable qui n'était point attirée par le commerce. On les interrogea, et ils firent connaître le motif qui les amenait : ils parlèrent de l'étoile et du nouveau-né, mais personne ne savait ce qu'ils Voulaient dire. Ils furent alors tout à fait ébranlés, il était certain qu'ils s'étaient trompés; car ils ne trouvaient personne qui comprît ce qu'ils disaient ; on les regardait avec surprise, sans pouvoir deviner le motif qui les amenait.

Les gardes de la porte voyant la facilité avec laquelle ils avaient fait des aumônes considérables à des mendiants réunis autour d'eux et comprenant qu'ils voulaient se loger, qu'ils étaient disposés à payer largement et enfin qu'ils tenaient beaucoup à s'entretenir avec le roi Hérode, quelques-uns d'entre eux se rendirent à la ville; cette première démarche fut suivie d'allées et de venues, de pourparlers, de messages, d'expUca tiens qui prirent assez de temps. Cependant les mages adressèrent la parole à des gens de toute condition qui s'étaient arrêtés autour d'eux. Plusieurs avaient entendu parler d'un enfant qui devait être né à Bethléem, mais ce n'était pas celui qu'ils cherchaient, car ses parents étaient pauvres et vulgaires; d'autres se contentèrent de rire; voyant donc, par ce qu'on leur laissait entendre, qu'Hérode ne savait rien d'un enfant nouveau-né, comme d'ailleurs

ils ne comptaient guère sur ce prince, ils perdirent ce qui leur restait de courage, se demandant avec inquiétude quel langage ils devaient tenir au prince. Au milieu de leurs angoisses ils restèrent silencieux et se mirent en prières : aussitôt le courage leur revint, et ils se dirent l'un à l'autre : Celui qui nous a conduits si rapidement par le moyen de son étoile, saura bien nous ramener heureusement chez nous.

Entin les gardiens étant revenus, on conduisit la caravane à une certaine distance autour des murs^ et on les fit entrer par une porle assez rapprochée de la montagne du Calvaire. Non loin du marché aux Poissons, on les fit entrer avec leurs bêtes de charge dans une vaste cour ronde, entourée d'écuries et d'habitations, avec des soldats armés aux portes; les animaux furent menés dans les écuries; pour eux, ils s'abritèrent sous un hangar, voisin d'un puits, au milieu de la cour; c'est là même que leurs animaux avaient été abreuvés. D'un côté celte cour ronde était adossée à une éminence, de deux autres côtés elle était isolée, des arbres s'élevaient à l'entrée. Bientôt des employés, le flambeau à la main, vinrent deux à deux examiner ce que les mages avaient dans leurs paquets; je crois que c'étaient des douaniers.

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