‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 191 sur 304 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

chose, efcpar suite de celail avait fait prendre en secret des informations à Bethléem. Ses espions s'étaient rendus à la crèche trois jours après la naissance du Sauveur, et, après s'être un instant entretenus avec le pauvre Joseph, ils étaient venus dire, dans un langage inspiré par l'orgueil, qu'il n'y avait absolument rien au fond de tout cela ; ils avaient trouvé^ une famille pauvre dans une misérable caverne; le reste ne valait pas la peine qu'on en parlât. Leur orgneil même les avait empêchés dès le commencement d'interroger sérieusement saint Joseph, d'autant plus qu'ils avaient reçu l'ordre d'éviter toute espèce d'éclat. Tout à coup l'apparition subite des mages et de leur immense caravane vint le jeter dans un grand trouble; ils venaient de loin, évidemment il y avait en tout cela autre chose qu'un vain bruit. Comme ils lui avaient parlé nettement d'un nouveau roi, il feignit avoir lui-même le désir de lui rendre ses hommages, et cette assurance du prince les réjouit. L'aveuglement intéressé des docteurs n'avait pu le tranquilliser, et l'intérêt qu'il avait à tenir la chose aussi secrète que possible fut la règle de sa conduite. Il ne se hâta point de contredire les affirmations des mages et de metire la main sur le Sauveur, de peur que le peuple, déjà indisposé contre lui, n'attachât trop d'importance aux dires des étrangers et ne lui suscitât des embarras à cette occasion; ce fut ainsi qu'il se décida à les charger de prendre des informations, se réservant d'agir luimême en conséquence. Plus tard les mages, conformément à l'ordre de Dieu, étant repartis sans passer par Jérusalem, il profita de leur prétendue fuite pour répandre le bruit qu'ils avaient été trompés ou avaient voulu le tromper. Ils étaient sans doute honteux et humiliés d'avoir donné eux-mêmes et fait tomber les autres dans un piège si grossier, car quel

autre motif pouvaient-ils avoir de fuir ainsi mystérieusement, après avoir été si bien reçus par lui? Il essaya donc d'assoupir l'affaire; seulement il fit savoir aux habitants de Bethléem qu'ils devaient s'interdire tous rapports avec cette famille et ne pas accepter sans contrôle les bruits les plus vains, les fables les plus ridicules. Au bout de quinze jours, la sainte famille ayant quitté Bethléem, le peuple cessa de s'occuper de ces aflaires sur lesquelles il n'avait cependant pas eu son apaisement, et les bons n'osèrent pas manifester les espérances qu'ils avaient conçues. Quand tout fut rentré dans le silence, Hérode songea à. se débarrasser du Sauveur; mais il lui fut dit que la famille suspecte avait quitté Nazareth avec l'enfant. Il ne négligea rien pour retrouver ses traces ; mais ses démarches ayant été infructueuses et ses inquiétudes croissant de jour en jour, il eut recours à un moyen désespéré, celui de faire égorger en masse les petits enfants; il avait eu à l'avance la précaution de réuMr des troupes pour prévenir toute espèce de soulèvement. — Je crois que les saints innocents ont été martyrisés en sept endroits différents.

YIII.

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