‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 190 sur 304 · NOUVEAUX DETAILS SUR HERODE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX DETAILS SUR HERODE

Depuis quelque temps Hérode était sombre et triste. Vers l'époque de la naissance du Sauveur, il était encore à son château de Jéricho, et avait tramé de là un crime abominable. Il avait fait donner les places les plus importantes du temple à des gens de son parti, qui lui révélèrent ce qui s'y passait et trahirent ceux qui étaient opposés à ses desseins; il y avait surtout parmi ces derniers un des officiers su-

périeurs du temple, homme juste et craignant Dieu. Hérode, l'ayant fait inviter amicalement à se rendre à son chàleau de Jéricho, le fit attaquer dans le désert et tuer par ses émissaires; on répandit le bruit qu'il avait été assassiné par des brigands. Quelque temps après, étant revenu à Jérusalem pour la tête de la Dédicace du temple, qui se célébrait le 25 casleu, il se rendit coupable d'une autre action aussi détestable. Il voulut honorer les Juifs et piquer leur curiosité à sa manière. Ayant fait fabriquer en or l'image d'un agneau ou plutôt d'un chevreau, car j'y ai vu , des cornes, il songea à le faire placer pour la féte au-dessus de la porte qui conduisait du parvis des femmes à celui des sacrifices. C'était une idée qu'il avait conçue depuis longtemps et à laquelle il tenait beaucoup. Les prêtres ayant fait de l'opposition, il les menaça de les frapper d'une amende; ils offrirent de la payer, ajoutant que jamais ils ne toléreraient une image défendue par la loi. Le prince, extrêmement irritéj voulut la faire placer secrètement à l'endroit qu'il lui avait assigné, mais son projet fut découvert; un officier, plein de zèle, s'einparant de l'Image, la lança contre le sol et la brisa. Il en résulta du tumulte, et il fit emprisonner l'officier. Cet incident mécontenta tellement le prince qu'il regretta d'être venu àla fête; mais ses courtisans, pour le (Ustraire, lui offrirent toutes sortes de divertissements.

Telles étaient ses dispositions lorsque commencèrent à se répandre les bruits relatifs à la naissance du Sauveur. Depuis longtemps, en Judée, un certain nombre de personnes pieuses considéraient comme prochain l'avènement du Messie. Les bergers avaient parlé des choses extraordinaires qui avaient signalé la naissance de l'enfant; cependant les grands, les riches ne voyaient dans tout cela ([ue des fables et des commérages. Hérode en avait aussi su quelque

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