‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 193 sur 304 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

L'étoile ne les conduisit pas à Bethléem par la route la plus directe, elle leur fit faire un détour du côté de l'ouest. Ils passèrent à côté d'une petite ville que je connais fort bien ; quelque temps après, vers midi, je les vis s'arrêter auprès d'un bourg, dans une très-jolie position, et se mettre à prier. En ce mo~ ment, une source jaillit sous leurs yeux ; transportés de joie, ils descendirent, creusèrent un réservoir à la source et en garnirent les abords d'un sable fm, de pierres et de gazon. Ils passèrent plusieurs heures en <3et endroit, abreuvèrent leurs montures, leur donoèrent du fourrage et prirent eux-mêmes leur repas; €ar, à Jérusalem, l'inquiétude et des dérangements de toute nature les avaient empêchés de penser à leurs besoins. Dans la suite, j'ai vu le Sauveur et ses disciples s'arrêter à dilTérentes reprises auprès de cette source. L'étoile, qui pendant la nuit brillait comme un globe de feu, avait maintenant à peu près Faspect de la lune en plein jour ; elle n'était pas tout à fait ronde, mais comme tailladée sur les bords; je l'ai vue plusieurs fois couverte par des nuages. La route directe de Bethléem à Jérusalem était obstruée de voyageurs chargés de bagages et accompagnés d'ânes ; sans doute ils revenaient de Bethléem où ils avaient payé l'impôt, ou encore ils allaient au temple ou au marché de Jérusalem. Au contraire, le chemin que les mages suivirent était parfaitement tranquille. Dieu le leur avait certainement indiqué pour qu'ils pussent arriver ce soir-là à Bethléem, sans trop attirer sur eux l'attention. Le jour était déjà assez avancé quand ils se remirent en route; ils observaient encore l'ordre dans lequel ils étaient venus. C'était, d'abord Menzor, le plus jeune, lequel avait le teint brunâtre; puis Séir, qui était brun; enfin Théocéno, le plus âgé et le plus blanc des trois.

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