CHAPITRE TREIZIÈME
son manteau. Menzor offrit a l'enfant ces bâtons d'or vierge, parce qu'il était plein de fidélité et d'amour et qu'il recherchait la sainte vérité avec une ardeur, un empressement que rien ne pouvait arrêter. Quand il se fut retiré avec ses quatre compagnons, Séir, le brun, parut avec les siens; il se mit à genoux avec une humilité touchante et accompagna son offrande de quelques mots expressifs; c'était un encensoir d'or avec de peti ts grains verdàtres qu'il déposa sur la table, devant l'enfant Jésus. Son offrande avait aussi une signification symbohque; il présenta l'encens parce que c'était un homme qui cherchait avec empressement la volonté de Dieu, et a suivait amoureusement; avant de se retirer, il resta longtemps à genoux dans un pieux recueillement. Ce fut ensuite le tour de Théocéno, le plus blanc et le plus âgé des trois; son âge et sa corpulence ne lui permirent pas de s'agenouiller, mais il s'inclina profondément. îl déposa ensuite sur la petite table un vase d'or avec une belle plante verdàtre; c'était un joU petit arbuste vert et parfaitement droit, avec des feuilles crépues et de charmantes fleurs blanches, j'y reconnus la myrrhe. Il l'avait choisie parce qu'elle représente la mortification et la victoire remportée sur ses passions; car cet excellent hotnme avait eu de grandes luttes à soutenir pour triompher de l'idolâtrie, de la volupté et de la colère. Longtemps il demeura avec ses compagnons profondément recueilli devant l'enfant Jésus, si bien que j'eus compassion des serviteurs qui durent attendre si longtemps en dehors avant de voir le Sauveur.