‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 195 sur 304 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

outrb, Menzor avait avec lui plusieurs serviteurs qui portaient une petite table, un tapis avec des franges et plusieurs rouleaux d'étoffe légère. Le cortège, précédé de saint Joseph, étant arrivé dans un fort bel ordre, sous la galerie en avant de la porte de la crèche, on mit sur la table le tapis garni de franges, et les trois mages y déposèrent successivement les boîtes d'or et les diflèrenls objets qu'ils avaient à la ceinture, c'étaient les présents qu'ils voulaient offrir collectivement. Cependant Menzor et les autres ôtèrent leurs sandales et Joseph lui ouvrit la porte de la grotte. Deux jeunes hommes de sa suite marchèrent en avant, étendant devant lui par terre une pièce d'étoffe, après quoi ils se retirèrent; deux venaient après lui tenant dans les mains la table chargée de présents. Quand ilsfurent arrivés auprès delà Vierge, Menzor les prit dans les mains, et, se prosternant devant elle, il les déposa respectueusement sur un petit escabeau; les porteurs se retirèrent. Derrière Menzor, venaient les quatre chefs de sa famille, humblement inclinés. Cependant Théocéno et Séir, accompagnés de leurs parents, étaient restés en arrière de la porte, sous la galerie qui la précédait. Au moment où ils entrèrent, ils furent comme enivrés d'une émotion pieuse et pénétrés de la lumière qui remplissait la grotte, cependant il ne s'y trouvait pas d'autre lumière que la lumière du monde. Avant leur arrivée, Marie, appuyée sur un bras, était étendue plutôt qu'assise sur un tapis, à gauche de l'enfant Jésus, lequel était couché, en face de la porte et à l'endroit même où il était venu au monde, dans une auge couverte d'un tapis et reposant sur une petite estrade. Au moment où elle les aperçut, elle se releva, se mit sur son séant, s'enveloppa dans son voile et prit sur elle l'enfant à moitié caché dans les plis de ce même voile. Quand Menzor, la tête découverte et humble-

ViE DE LA TRÈS-SAmiE \iERGE.

ment prosterné, offrit ses présents, et que, les bras croiséb sur la poitrine, il prononça avec une vive émotion quelques pargles empreintes du plus profond respect, Marie découvrit la partie supérieure du corps de l'enfant, lequel était enveloppé de langes rouges et blancs, et on le vit ainsi paraître de dessous son voile, brillant d'une douce clarté : elle tenait une main appuyée sur sa petite tête et l'autre passée autour de son corps. Il avait ses petites mains croisées sur la poitrine, comme s'il eût prié; la joie se reflétait sur tout son visage, et plusieurs ibis il porta les bras en avant de la façon la plus aimable.

Oh! comme ils prièrent alors avec bonheur et recueillement, ces chers rois de l'Orient ! En les voyant, je me suis dit à moi-même : « Leurs cœurs sont purs, bmpides, pleins de bonté et d'innocence, comme des cœurs d'enfants pieux. îl n'y a en eux rien de violent, et cependant its sont tout feu et tout amour. Je suis morte, j'ai été séparée .de mon corps, sans cela je ne pourrais voir ce que je vois maintenant, car tout cela n'est pas maintenant, et cependant c'est bien maintenant. Mais non, cela n'est pas dans le temps, il n'y a pas de temps en Dieu; en Dieu tout est présent, je suis morte, je suis séparée de mon corps. » Tandis que je m'abandonnais à ces pensées, j'entendis cette parole qui m'était adressée : « Pourquoi le tourmenter ainsi? Vois et loue Dieu qui est éternel et associe qui il veut à son éternité. »

Ensuite Menzor prit dans une bourse attachée à sa ceinture une poignée de petits bâtons d'un métal qui avait le brillant de l'or; ils étaient longs comme le doigt, gros, lourds, bombés dans leur partie supérieure et se terminaient en pointe; il les présenta humblement à la Vierge et les déposa sur son sein, à côté de l'enfant. Elle reçut ces présents avec amour et reconnaissance et les recouvrit de l'extrémité de

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