‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 198 sur 304 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

peu son voile. — Oh ! que de leçons m'ont été données en cette circonsiance! je me suis dit à moimême : « Avec quelle douceur, quelle reconnaissance elle reçoit tout ce qu'on lui donne ! elle n'a besoin de rien puisqu'elle a Jésus , et cependant elle reçoit humblement ce qui lui est présenté par l'amour. Ahî combien je dois apprendre à son école la manière de recevoir les présents de la charité! désormais je recevrai avec humilité et reconnaissance tout ce qui me sera offert. Combien encore Marie et Joseph sont charitables, ils ne conservent presque rien pour eux, ils distribuent aux pauvres tout ce qu'ils ont. »

Quand les rois eurent quitté la crèche avec leurs compagnons et qu'ils se furent dirigés vers leur tente^ leurs serviteurs entrèrent, enfin ils avaient monté la tente, déchargé les animaux, mis tout en ordre et attendu humblement et patiemment leur tour devant la porte. Ils étaient au moins une trentaine, il y avait aussi parmi eux une troupe de jeunes garçons, qui avaient pour tout vêtement une ceinture autour des reins et un court manteau. Les serviteurs entrèrent cinq par cinq, conduits par l'un des chefs auxquels ils appartenaient, ils s'agenouillèrent auprès de reniant et l'adorèrent en silence. Enfin tous les enfants vinrent ensemble; ils se mirent à genoux alentour et prièrent le petit Jésus avec une joie et une simplicité enfantines. î^es serviteurs ne furent pas longtemps à la crèche ; car les rois revinrent bientôt pour une autre cérémonie. Ils portaient alors des manteaux larges et flottants, qtii se soulevaient au gré du vent^ et avaient dans les mains des encensoirs, avec lesquels ils encensèrent respectueusement l'enfant, la Vierge, Joseph, la crèche entière; enfin ils se retirèrent après s'être profondément inclinés : telle était chez eux la forme de l'adoration.

Au miheu de tout cela, Mario et Joseph éprou-

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vaieiliune douce joie, que je ne leur ai jamais vue; souvent même des larmes de joie leur coulèrent le long des joues. Ces hommages solennels rendus au divin enfant qu'ils avaient reçu d'une façon si indigne de lai et dont les grandeurs mystérieuses devaient rester cachées dans l'humilité de leur cœur, leur firent un très-grand bien. Ainsi, malgré l'aveuglement des hommes, la providence divine avait longtemps à l'avance préparé à l'enfant de la promesse, et lui envoyait maintenant du fond de l'Orient ce qu'eux-mêmes ne pouvaient lui offrir, c'est-à-dire les hommages et les présents magnifiques des puissants. Aussi comme ils s'unissent aux rois pour adorer l'enfant, heureux eux-mêmes des honneurs qui lui sont rendus.

Le camp avait été dressé dans la vallée derrière la grotte de la crèche jusqu'au sépulcre de Maraha, et les bêtes de somme étaient attachées à de longues lignes de poteaux et séparées par des cordes. Auprès de la grande tente, laquelle était contre la colline de la crèche, il y avait un emplacement recouvert de nattes où l'on avait déposé une partie du bagage; mais la partie la plus considérable avait été cachée dans la grotte de Mahara. Au moment où tous étaient sortis de la crèche, ils virent les étoiles paraître; ils se réunirent alors, en formant un cercle autour du vieux térébinthe qui dominait la grotte, et rendirent par des chants solennels leurs hommages ordinaires aux étoiles. Il est impossible dédire avec quelle douceur leurs chants se répercutaient dans la silencieuse vallée. Depuis tant de siècles leurs pères avaient contemplé, appelé, chainté l'étoile mystérieuse, maintenant tous leurs désirs étaient satisfaits, ils étaient pour ainsi dire ivres de joie et de reconnaissance.

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