‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 221 sur 304 · CÉRÉMONIE DE LA PURIFICATION · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIE DE LA PURIFICATION

2 FÉviaER. — Le matin, avant le point du jour^ j'ai vu la sainte famille quitter l'hôtellerie avec la corbeille renfermant les dons et l'âne disposé pour le voyage, et se rendre au temple en la compagnie des hôtes. Arrivés au temple, on les fit entrer dans une cour qu'entourait une muraille. Tandis que saint Joseph et son hôte installaient l'animal dans une écurie, la Vierge avec l'enfant fut très-bien reçue par une femme âgée et conduite plus loin sous une galerie couverte. Ils avaient une lumière, car il ne faisait pas encore jour. Bientôt le pieux vieillard Siméon, ne pouvant modérer son impatience, vint dans ce même corridor au-devant de Marie. Il lui adressa quelques paroles pleines d'allégresse, prit l'enfant dans ses bras et le serra contre son cœur, puis il se dirigea vers l'autre partie du temple. L'avis que l'ange lui avait donné la veille lui avait inspiré un si vif désir de voir l'enfant de la promesse après lequel il

soupirait depuis si longtemps, qu'il attenda'^-dèpuis plusieurs heures l'arrivée de Marie. Il pi^rlait de ioDgs vêtements, ainsi que les prêtres le faisaient hors de l'exercice de leurs fonctions. Je l'ai souvent vu au temple antérieurement, sous les traits d'un prêtre âgé et d'un rang inférieur; rien ne le distinguait, sinon sa rare piété, sa simplicité et les lumières extraordinaires dont il était favorisé.

La Vierge fut conduite par son guide jusqu'au parvis du temple, où la cérémonie devait avoir lieu : là elle fut reçue par Anne la prophétesse et Noémi, son ancienne maîtresse, qui demeuraient de ce côté du temple. Siméon, venant de l'intérieur, se présenta de nouveau à la Vierge qui tenait l'enfant entre les bras et la conduisit à l'endroit où la mère devait racheter son premier-né, tandis qu'Anne, à laquelle Joseph avait remis la corbeilie avec les présents, la suivit avec Noémi. Les colombes occupaient la partie inférieure de la corbeille et des fruits l'autre partie. Joseph se dirigea alors vers une autre porte, du côté où se tenaient les hommes. On savait au temple que plusieurs mères devaient racheter leurs enfants ; aussi tout avait-il été préparé. La salle où se fit la cérémonie était bien aussi spacieuse que l'éghse paroissiale de Dulmen. Aux murailles étaient suspendues un grand nombre de lampes allumées, toujours disposées en pyramide. La flamme sortait à l'extrémité d'un tuyau recourbé par un orbe d'or dont l'éclat égalait presque celui de la lumière même. A cet orbe était attaché par un ressort un petit ételgnoir, lequel, étant relevé, éteignait la lumière sans qu'il en résultat de mauvaise odeur et qu'on retirait par en bas quand on voulait allumer. Cependant plusieurs prêtres avaient apporté, en avant d'un autel des angles duquel semblaient se détacher des cornes, une armoire en forme de carré long, dont les portes,

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