‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 224 sur 304 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

saints innocents. La cérémonie a dû se terminer vers neuf heures, car j'ai vu vers cette heure-là la sainte famille se mettre en route. Ils allèrent jusqu'à Béthoron, et passèrent la nuit dans la même maison où la Vierge avait fait sa dernière station treize ans auparavant, alors qu'on la conduisait au temple. Le maitre de la maison me parut être un docteur de la loi. Ils y étaient attendus par des gens que sainte Anne avait envoyés au-devant d'eux. Ils suivirent un chemin beaucoup plus direct que dans leur voyage de Nazareth à Bethléem, dans lequel ils avaient évité toutes les localités habitées, ne s arrêtant que dans des maisons isolées. — Joseph avait laissé en gage chez son parent la jeune ânesse qui lui avait montré la route dans son voyage à Bethléem; car il songeait toujours à revenir à Bethléem et à s'y bâtir une humble maison dans la vallée des bergers. Il s'était entretenu à ce sujet avec les bergers, et leur avait dit que son intention était de laisser seulement Marie passer quelque temps chez sa mère, afin de lui permettre de se reposer des fatigues du triste gîte de Bethléem; c'était pour cela qu'il leur avait laissé un nombre d'objets assez considérable. — Joseph avait avec lui une sorte de monnaie tout à fait extraordinaire; je crois qu'il l'avait reçue des mages. Il avait dans une poche intérieure de son vêtement un certain nombre de pièces minces, brillantes, jaunâtres, enfilées ensemble; elles étaient carrées, seulement les coins étaient arrondis. Je crois y avoir remarqué quelque chose de gravé. — Les deniers de Judas étaient plus épais et en forme de langue; les deniers avaient les deux extrémités arrondies, les demi-deniers n'en avaient qu'une qui le fût.

Ces jours-ci j'ai vu les mages se réunir au delà d'un fleuve; ils prirent un jour de repos et célébrèrent une fête. La localité où ils s'arrêtèrent compre-

nait un grand édifice et plusieurs petits. Ils retournent chez eux par une route située entre celle qu'ils ont suivie à leur arrivée et le chemin par lequel le Sauveur est revenu de l'Egypte après son grand voyage. D'abord ils voyagèrent beaucoup plus rapidement qu'ils ne l'avaient fait en venant, mais depuis le jour de halte, ils ont singuhèrement ralenti leur marche. Je vois toujours leur cortège précédé d'un jeune homme lumineux qui même leur adresse souvent la parole. Ils ont laissé Ur sur leur droite.

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