CHAPITRE OUATORZIÈME
elle était attendue par Anne la prophétesse, qui la ramena à l'endroit réservé aux femmes; il s'y trouvait une vingtaine de mères avec leurs premiers-nés qui attendaient leur tour. Joseph et un certain nombre d'autres hommes étaient beaucoup plus loin, dans l'emplacement réservé aux hommes.
CÉRÉMONIE DU LA PURIFICATION (SUite).
Bientôt les prêtres, se rapprochant de l'autel fixe, commencèrent une cérémonie dans laquelle ils offrirent de l'encens et récitèrent des prières, tandis que ceux qui remplissaient les stalles les accompagnaient de mouvements cadencés, moins marqués toutefois que ceux des Juifs actuels. La cérémonie approchant de son terme, Siméon se dirigea vers l'endroit où la Vierge se tenait, reçut l'enfant dans ses bras, et, dans une sorte de ravissement plein d'allégresse, il parla longuement et à haute voix sur l'enfant. Il y glorifia Dieu d'avoir daigné accompUr les promesses, et dit entre autres choses : « Seigneur, vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur, selon votre promesse, puisque mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez donné, que vous avez préparé à la face de tous les peuples, pour être la lumière qui éclairera les nations et la gloire de votre peuple d'Israël. » Joseph s'était approché après l'offrande; ainsi que la Vierge il entendit avec un respect profond les paroles inspirées du vieillard, qui les bénit l'un et l'autre et dit à Marie : « Voici que cet enfant est placé au milieu d'Israël pour la €hute ainsi que pour la résurrection de plusieurs, et comme un signe qui doit être con tredit. Mais
votre cœur sera transpercé d'un glaive, de façon que les cœurs de plusieurs apparaîtront au grand jour. » Au moment où le vieillard finit de parler, Anne la prophétesse fut également inspirée; elle paria aussi longuement et à haute voix touchant l'enfant Jésus et proclama sa sainte mère bienheureuse. Je vis que les assistants écoutèrent tout cela avec une émotion très-vive, sans qu'il en résultât cependant le inoindre trouble; les prêtres eux-mêmes me semblèrent en entendre quelque chose. Je crois que ces prières à haute voix et inspirées n'étaient pas entièrement insolites, qu'il arrivait souvent quelque chose d'analogue, et qu'il devait en être ainsi. Cependant je vis tous les assistants extrêmement émus en leur cœur. Tous témoignèrent le plus grand respect à l'enfant et à la mère. Marie était lumineuse comme une rose céleste.
En apparence, la sainte famille avait présenté l'offrande des pauvres; cependant Joseph donna secrètement au vieillard Siméon et à Anne un certain nombre de pièces jaunes triangulaires, destinées spécialement aux jeunes filles qui étaient élevées au temple et qui n'étaient pas dans l'aisance.
Bientôt je vis la sainte Vierge avec l'enfant reconduite par Arme et Noémi dans la cour où elles étaient venues la prendre, et où elles lui firent, en la quit» tant, les plus tendres adieux. Joseph se trouvait déjà là avec les deux personnes de l'hôtellerie; il avait amené l'àne sur lequel la Vierge monta avec le divin Enfant. En quittant le temple, ils traversèrent aussitôt Jérusalem, afin de se mettre en route pour Nazareth.
Je n'ai pas assisté à la présentation des autres nouveau-nés que j'avais aperçus; j'ai compris cependant que tous avaient reçu une grâce particulière, et que plusieurs d'entre eux étaient morts avec les