‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 248 sur 304 · LE DÉSERT. — PREMIÈRE VILLE ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

LE DÉSERT. — PREMIÈRE VILLE ÉGYPTIENNE

Bientôt je vis les voyageurs cheminer de nouveau à travers un désert; comme il n'y avait plus de voie tracée, j'aperçus encore des animaux, reptiles pour la plupart, ainsi des lézards rampants avec des ailes analogues à celles des chauves-souris et des serpents; cependant ils n'étaient pas furieux et semblaient devoir indiquer la route aux voyageurs. Un peu plus loin, comme ils avaient perdu de nouveau toutes les traces qui auraient pu les conduire, je vis que le ciel lui-même, par un prodige singuher, se chargea de les diriger; je vis apparaître çà et là, de chaque côté

du chemin, une jolie plante, la rose de Jéricho, avec sa tige droite, ses rameaux frisés et sa fleur au milieu. Les voyageurs se remirent en route avec joie, ils virent la plante s'élever devant eux aussi loin que leur vue pouvait porter, et il en fut de même jusqu'à ce qu'ils eussent atteint l'extrémité du désert. — Je vis aussi qu'il fut dit à la Vierge que^ plus tard les gens de ce pays cultiveraient cette fleur et la ven draient pour du pain aux voyageurs; j'ai vu en effet cette prédiction réalisée. nom de ce pays m'a paru être Gasé ou Gosé (1).

De là je les ai vus arriver à une ville, et en un pays dont le nom ressemblait à celui de Lépé ou de Lopé (2). On y voyait un fleuve, des fossés, des canaux et des digues très-hautes. Ils passèrent un cours d'eau sur un radeau; je remarquai au-dessus une sorte de grande cuve, dans laquelle on mettait les ânes pour les faire passer. Marie s'assit sur une poutre avec son enfant. Le radeau était dirigé par deux hommes affreux, au teint basané, demi-nus, avec de grosses lèvres et le nez écrasé. Ils ne firent que passer auprès d'un certain nombre de maisons isolées; les habitants étaient si rudes et paraissaient si méchants, qu'on n'était guère tenté de leur parler. Je crois que c'était la pren-ière ville païenne (égyptienne?). Ils ont voyagé dix jours sur le sol de la Palestine, et dix autres dans le désert.

Je vis ensuite la sainte famille sur le territoire égyptien, en un pays de plaine, où je remarquai de dislance en distance des pâturages verdoyants où paissait du bétail. Je vis aussi des arbres contre lesquels étaient appuyées des idoles semblables à des enfants

(1) Peut-être Gosen, dont il est question dans Josué, x, à\ ; xi^ 16; XV, 51.

(2) Elle a sans doute voulu dire Péluse; comme il lui arrive souvent de transporter les lettres, elle a pu dire Lep au lieu de Pt l.

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