CHAPiTRE DEUXIÈME. ol
de la nouvelle alliance, sacrement sans la participation duquel l'homme ne pourrait arriver à la vie éternelle. Toujours j'ai vu la présence sacramentelle de Dieu dans l'arche d'alliance, excepté quand elle était entre les mains des ennemis, car alors le précieux mystère était toujours retiré par le grandprêtre ou par quelque prophète. Alorê l'arche d'alliance privée du mystère et réduite aux seules tables de la loi, me faisait absolument le même eiïet que le temple des Samaritains sur le mont Garizim, ou, dans les temps modernes, ces temples où, p()ur remplacer les anciennes tables de la loi écrites de la main de Dieu lui-même, on trouve, non la sainte Eucharistie, mais l'Ecriture abandonnée aux interprétaMons capricieuses de l'hom.me.
Dans l'arche d'alliance de Moïse, placée successivement dans la tente portative et le temple de Salomon, j'ai vu le saint mystère de l'ancien Testament sous la forme de deux petits corps lumineux se pénétrant l'un l'autre dans une sphère lumineuse; mais maintenant que l'ange a donné cette bénédiction à Joachim, j'ai vu cette bénédiction, comme si l'ange mettait dans le vêtement de Joachim entr'ouvert sur la poitrine un objet lumineux, une sorte de germe lumineux, ayant à peu près la forme d'une fève. Lors de la transmission de la bénédiction à Abraham, j'a vu également la grâce passer en lui de la même façon et y demeurer avec l'efficacité que Dieu lui avait assignée, jusqu'à ce qu'il transmit cette bénédiction à Isaac son premier-né, duquel elle passa à Jacob. Ce fut sous cette même forme qu'elle fut enlevée par l'ange et transmise par lui à Joseph, pour être ensuite déposée dans l'arche d'alliance avec une efficacité beaucoup plus grande. Il m'a été dit que l'ange ordonna à Joachim de garder le secret, et j'ai appris alors la raison pour laquelle Zacharie, le
père de Jean-Baptiste, deviiil siibitemeni iniiet lorsqu'il eut reeu de l'an'ge Gabriel, auprès de l'autel des parlliius, la bénédiction et la promesse de la fécondité d'Elisabelh (1). Il me fut dit que Joachim reçut par cette bénédiction le fruit suprême et la réalisation complète de la bénédiction d'Abraham, la bénédiction destinée à produire la conception immaculée de la très-sainte Vierge, qui écrasa la tête du serpent.
Bientôt l'ange ramena Joachim dans le saint et disparut. Joachim tomba à terre sans mouvement, dans une sorte de ravissement, et bientôt les prêtres, étant rentrés, le trouvèrent en cet état, le visage rayonnant de bonheur. Ils le relevèrent avec respect et le firent asseoir sur un siège qui d'ordinaire ne servait qu'aux prêtres. On lui lava le visage, on lui fit respirer' quelque chose de très-fort, on lui donna à boire, enfin on lai prodigua tous les soins propres à faire sortir d'un évanouissement. Quand il revint à lui, il parut lumineux, brillant et considérablement rajeuni.