‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 26 sur 304 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

lui mit dans la bouche un petit épi lumineux et une grappe de raisin ég-aleinent lumineuse, et il me fut dit que par là Joachim avait été alïranchi de toute concupiscence charnelle.

Je vis ensuite que l'ange donna à Joachim le dernier développement et comme la fleur de la bénédiction que Dieu avait accordée à Abraham et qui était devenue, après Joseph, l'objet trois fois saint de l'arche d'alliance, le îtrône de Dieu au milieu de son peuple; il lui donna cette bénédiction de la môme façon qu'elle avait été transmise à Abraham, avec cette différence toutefois que, pour Abraham^ l'ange tira la bénédiction de lui-même, de son sein, tandis que pour Joachim il parut la tirer du saint des saints (l). Lors de la bénédiction d'Abraham, ce fut comme si Dieu instituait la grâce de cette bénédiction et bénissait de cette bénédiction le père de son peuple à venir, pour faire sortir de lui les pierres destinées à la construction de son temple. Au contraire, lors de la bénédiction de Joachim, ce fut comme si l'ange retirait du tabernacle de ce temple le mystère de la bénédiction et le transmettait à un prêtre, pour former de lui le vase saint dans lequel le Verbe devait prendre une chair humaine. Mais tout cela est inexprimable, parce qu'il s'agit de la sainteté sans tache que l'homme a souillée par la chute.

(I) La narratrice, qui, dans ses nombreuses communications relatives a l'ancien Testament, a donné souvent des détails très-circonstanciés sur l'arche d'alliance, n'a jamais dit avoir vu l'ancienne arche, avec tout ce qu'elle renfermait, dans le temple relevé au retour de la captivité de Babylone, ou dans le dernier temple restauré par ïlérode; mais elle parlait d'une nouvelle arche, placée dans le saint des saints du dernier temple^ et qui renfermait encore quelques parties des objets précieux de la première arche d'alliance, d'autres de ces objets étaient entre les mains des esscniens qui les honoraient d'un culte particulier.

Dès mes plus tendres années j'ai souvent vu l'arche d'alliance dans mes nombreuses contemplations de l'ancien Tesiameni, el j'ai toujours vu que tout y était comme dans une église parfaite, seulement avec un caractère extraordinaire de gravité et de terreur. J'y voyais non-seulement les tables de la loi, c'est-à-dire une parole gravée par le doigt de Dieu lui-même, mais même une présence sacramentelle du Dieu vivant (1), et cette présence était comme la racine du vin et du froment, de la chair et du sang de la gî^ande victime de la Rédemption. C'était la bénédiction dont la grâce a produit, avec la coopération de personnages saints et craignant Dieu, la tige sur laquelle devait paraître enfin la fleur infi- Binient pure dans laquelle le Verbe est devenu chair, dans faquelle s'est fait homme le Dieu qui nous a donné sa chair et son sang, qui- a voulu s'étabUr avec son humanité et sa divinité dans le sacrement

fl) On ne doit point se scandaliser de ce mot : la présence sacramentelle de Dieu; car que Dieu ait voulu résider d'une façon mystérieuse et sensible dans Tarche d'.aliiance, c'est une chose dont la sainte Ecriture ne nous permet pas de douter. Un reflet de la majesté divine, er.veloppé d'un nuage, se montrait eu effet, sinon toujours^ du moins à de certains intervalles, entre les deux chérubins placés au-dessus du propitiatoir de l'arche d'alliance. Ainsi Dieu dit à Moïse dans le Lévilique : « Recommande a ton frère Aaron de Be pas entrer en tout t^ mps dans le sanctuaire, afin qu il ne meure point, car j'apparaîtrai dans un nuage au-dessus du propitiatoire {Levif., 2). » Ailleuis D eu veut s'eut etenir avec Mciïse entre les doux chérubins {Exod. xxv, 22> Quand Farche d'alliance fut transportée dans le tenrple nouvellement bâti de Salomon, Dieu vint se placer sur elle au milieu d'un nuage, de façon a ce que les prêtres ne purent y rester. Salomon dit alors: « Le Seigneur a dit qu'il voulait liabiter au milieu des nuages [Paralip. , et III Beg. vni, tO-ï3).» Cette présence mystérieuse de Dieu au-(iessus de l'ancienne arche d'alliance poi te en hébreu le nom de schéchùiah ; d'après les visions de lu sœur Emmerich, elle n'aurait pas été autre chose que le rayonnement lumineux de l'objet saint et précieux renfermé dans Farche.

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