CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Marie demeurait non à Ephèse même, mais aux environs, en un endroit où plusieurs de ses amies s'étaient déjà établies avant elle. En arrivant de Jérusalem, on le trouvait à environ trois lieues et demie d'Ephèse, sur une montagne à gauche. Cette montagne est à pic du côté d'Ephèse; en arrivant par le sudest, on voit la ville comme agglomérée au pied d'une montagne, mais à mesure qu'on s'avance, elle semble s'étendre tout à l'entour. J'ai parcourûtes environs delà ville : on trouve à ses abords des allées d'arbres magnifiques, au pied desquels on aperçoit sur le gazon des fruits dorés; on rencontre au sud d'étroits sentiers conduisant à une montagne à l'aspect sauvage ; vers le sommet de la montagne on remarque une terrasse haute et bien plantée, ayant environ une demi-heue de circonférence; c'est là que se trouve la petite colonie chrétienne. Cet endroit, extrêmement solitaire, offrait à l'œil du voyageur des collines parfaitement plantées et de jolies grottes, séparées l'une de l'auîre par des espaces sablonneux ; il avait un aspect sauvage ou plutôt agreste; on y trouvait un grand nombre d'arbres jetés au hasard; ils avaient le tronc uni, affectaient la forme pyramidale et étalaient au loin leurs branches inférieures.
Quand Jean amena la Vierge en ce pays, après avoir eu soin de lui faire bâtir une maison à l'avance, il s'y trouvait déjà un certain nombre de familles îihrétiennes, et de saintes femmes, établies dans des grottes ou des cavernes qu'on avait rendues habita-
visita la sainte Vierge à Ephèse avant de partir pour l'Espagne, elle dit se rappeler que Jean avait conduit la Vierge dans cette ville au commencement de la (|uatrième année après Tascension du Sauveur. Aujourd'hui (13 août 1822) elle a dit, non plus la quatrième^ mais la sixième année. Ces dilOféi ences proviennent souvent de ce qu'elle confond le 4 et le 6 en chiffres romains (IV et VI) ; nous laissons au lecteur le soin de choisir entre les deux dates
bles par quelques travaux légers ou dans des cabanes mobiles; une violente persécution les avait contraintes à fuir leur patrie. Comme on avait pris, suivant qu'ils se présentaient, les abris disposés par la main de la nature, les habitations étaient isolées et souvent à un quart de lieue l'une de l'autre, et la colonie tout entière faisait à peu près l'effet d'une bourgade non agglomérée. Seule la maison de la Vierge était bâtie en pierres. Derrière cette maison, à une distance peu considérable, des rochers élevés formaient ■ le sommet de la montagne, duquel on apercevait, par delà les collines et les arbres, la ville d'Ephèse et la mer avec ses îles innombrables. Cet endroit est moins éloigné delà mer qu'Ephèse même, qui peut en être à quelques lieues. Le pays est solitaire et rarement visité par les voyageurs. On trouve dans le voisinage un château habité par un roi, un prince détrôné. Jean lui a souvent fait visite et l'a même converti à la foi chrétienne; plus tard cette localité est devenue la résidence d'un évêque. J'ai remarqué entre la petite colonie et la ville d'Ephèse un cours d'eau singulièrement sinueux.