‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 274 sur 304 · MAISON DE LA VIERGE A ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

MAISON DE LA VIERGE A ÉPHÈSE

La maison de la Vierge était faite de pierres et carrée ; seulement par derrière elle était ronde ou octogone; les fenêtres étaient placées à une élévation considérable, elle se terminait par une plateforme. Elle était divisée en deux quartiers par un foyer placé au centre. J'ai vu le feu par terre, en face de la porte, dans un enfoncement et contre une muraille, laquelle s'élevait jusqu'au toit de la maison en

CHAl>ITliE DIX-SEPTIÈME.

présentant de part et d'autre un certain nombre de petits degrés. Au milieu de cette muraille allait, du foyer proprement dit jusqu'à la toiture, un enfoncecément semblable à la moitié d'un tuyau de cheminée, il recevait la fumée, laquelle sortait par un trou pratiqué dans la toiture. Au dessus de cette ouverture, j'ai remarqué un tuyau de cuivre oblique, lequel dominait toute la maison.

La partie antérieure de la maison était séparée de l'autre par des cloisons légères en clayonnage, placées à droite et à gauche du foyer. Dans cette même partie, dont les parois m'ont semblé assez grossières et noircies par la fumée, j'ai vu, à droite et à gauche^ un certain nombre de cellules formées par des clôtures en osier. Quand toute cette partie du logis devait être transformée en une pièce unique, ces cloisons qui n'atteignaient pas à beaucoup près la hauteur du toit, étaient détachées et enlevées. On y logeait d'ordinaire la servante delà Vierge et les autres femmes qui la visitaient.

A droite et à gauche et contre le foyer, des portes légères conduisaient dans l'autre partie de la mai-son; elle était plus obscure que la première et se terminait par une demi-circontérence ou un angle ; au reste, elle était très-bien disposée et parfaitement ornée. Toutes les murailles étaient revêtues de morceaux de bois symétriquement disposés, et le haut formait une voûte. Les poutres, reliées par des sohves et des lattes croisées, recouvertes de feuillage^ constituaient une ornementation très-simple et en même temps charmante. Le fond de ce quartier, isolé du reste parmi rideau, formait l'oratoire de la sainte Vierge. Au milieudela muraille, on avaitpratiqué dans une niche une sorte d'armoire qu'on pouvait ouvrir et fermer, en la tournant, comme un tabernacle, au moyen d'un cordon. On y voyait une croix, longue à peu près

comme le bras, avec des traverses saillantes enfoncées dans la partie principale ; elle avait la forme d'un Y, c'est la forme que j'ai toujours vu donner à la croix. Elle n'était aucunement ornée, et était travaillée aussi simplement que celles que l'on reçoit maintenant de Palestine ; je crois qu'elle avait été façonnée par Jean et Marie. Elle était formée de plusieurs sortes de bois. Il m'a été dit que la partie principale, qui étailr blanche, était faite de cyprès; l'un des bras, 4e couleur brunâtre, était du cèdre ; l'autre, jaune, du palmier ; enfin la partie supérieure, avec la pièce debois de l'inscription, du bois d'olivier jaune et poli. Elle était enfoncée dans un support de terre ou do pierre, comme la croix même de' Notre-Seigneur au Calvaire. Au bas de la croix se trouvait un morceau de parchemin sur lequel quelque chose était écrit, je crois que c'étaient des paroles de Notre-Seigneur. La figure du Sauveur était gravée sur la croix même très-simplement et sans ornement; et pour la faire ressortir davantage, on avait mis dans les Ugnes principales un peu de couleur irès-foncée. J'ai su quelque chose des pensées sublimes qu'inspiraient à la Vierge les différentes sortes de bois dont la croix était formée; malheureusement j'ai oublié ces belles communications. Je ne saurais plus dire maintenant si ces différentes sortes de bois entraient aussi dans la croix du Calvaire, ou si elles étaient seulement destinées à faciliter les méditations de la Vierge. La croix était placée entre deux vases remplis de fleurs naturelles. J'ai vu aussi un Unge auprès de la croix, et il m'a semblé que c'était celui dont la Vierge s'était servie^ après la descente de la croix, pour enlever le sang des plaies du Sauveur. J'ai eu cette pensée, parce que cet acte d'amour maternel m'a été montré dans un tableau au moment où je voyais ce linge à Ephèse. Enfin j'ai senti que c'était encore le linge

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