CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
ver plusieurs disciples, parmi lesquels je me rappelle Jean-Marc et ce fils ou petit-fils du vieillard Siméon^ qui immola l'agneau pascal à la dernière cène et qui était chargé de recevoir les victimes au temple de Jérusalem. Actuellement il y avait au moins dix hommes réunis à la maison.
On célébra encore l'office à l'autel; plusieurs des nouveaux venus avaient leurs vêtements relevés de telle façon qu^il me sembla qu'ils devaient repartir aussitôt. On avait placé devant le lit de la Vierge un petit escabeau bas et triangulaire, semblable à celui sur lequel on avait déposé à la crèche les présents des mages : il s'y trouvait une soucoupe avec une cuiller brunâtre et transparente. Aujourd'hui je n'ai vu qu'une seule femme dans la chambre de la Vierge.
L'office terminé, Pierre donna de nouveau la sainte communion à la sainte Vierge ; il la lui apporta dans l'objet en forme de croix dont il a été question. Les apôtres, placés sur deux rangs, de l'autel au lit de la Vierge , s'inclinèrent profondément quand saint Pierre passa devant eux avec la sainte Eucharistie. Les cloisons qui entouraient le lit de la Vierge étaient ouvertes sur tous les côtés.
Après avoir contemplé cette scène à Ephèse, je désirai voir quel était alors l'aspect de Jérusalem, mais j'étais effrayée de la distance considérable qui séparait ces deux villes. Alors sainte Susanne, dont on célèbre aujourd'hui la fête (j'avais une de ses reliques et elle avait passé toute la nuit avec moi) s'approcha et me dit de prendre courage, s'offrant même à m'accompagner. Je partis avec elle, je traversai la terre et la mer, nous fûmes bientôt à Jérusalem. Elle était toute différente de moi, elle était singulièrement légère, et quand je voulais la saisir^, je ne pouvais y arriver. Lorsque j'entrais dans un
tableau affectant un endroit particulier comme tout à rheure Jérusalem, elle disparaissait ; mais, dans le passage d'un tableau à un autre, elle m'accompagnait et me consolait.
J'arrivai au jardin des Oliviers, et je vis que tout était modifié et désolé; cependant je pouvais encore reconnaître tous les endroits mémorables.. La maison voisine du jardin de Gethsémani, où les disciples avaient demeuré quelque temps, avait été renversée; on y avait creusé des fossés et élevé des murailles, afin d'en rendre les abords inaccessibles. J'allai de là au saint sépulcre; il étail couvert de terre et fermé par une muraille; sur le haut du rocher on avait même commencé un bâtiment, semblable h un petit temple ; on n'en voyait encore que les murs. Gomme j'errais aux alentours, attristée de ces profanations, mon fiancé céleste se présenta à moi tel qu'il était quand il apparut à Madeleine à cet endroit, et il me consola. Je trouvai la montagne du Calvaire également profanée et en partie couverte de bâtiments. La petite éminence supérieure, où la croix avait été dressée, avait disparu ; de plus on avait creusé alentour des fossés et amassé de la terre, de façon qu'il était difficile d'arriver au sommet. J'y montai cependant et j'y priai quelque temps; Notre-Seigneur s'approcha de nouveau et me donna ses consolations et ses encouragements. En ce moment, Susanne avait disparu.
Un tableau que j'aperçus alors me montra Notre- Seigneur opérant des prodiges et guérissant aux alentours de Jérusalem, et je revis un grand nombre de ses guérisons. A ce propos, comme je songeais au privilège de guérir au nom du Sauveur, privilège qui est accordé spécialement aux prêtres, et surtout à la manière dont le prince de Hohenlohe s'en ^ert actuellement, je vis ce saint prêtre dans le