CHAPITRE DIX-HUITIÈME
dans la y)remière chariibro. )> L'écrivain revint après avoir fait la commission et lui dit : « Coniiiîencez maintenant. » Mais elle réi^ondit, en regardaul à côlé d'elle d'un «ir étonné : « Où suis-je donc main-
nant ? Sommes-nous !e malin, ou leFoir? » L'é crivain : a Vous-
alliez raconter la mort de la sainte Vierge. »— « Ils sont !à, les apùires; vous êtes plus instruit que moi, vous saurez mieux les interroger ; ils font le chemin de la croix et travaillent au tombeau de la mère de Dieu. »> Elle avait dc^à vu alors la s'ène de la mor! de la Vierge. Au bout de quelques instants, elle continua, en figurant avec les doigts les chiffres qui se présentaient à S(îs yeux :
Voyez donc, quel nombre cela ibrine-t--il ! Une barre et un V ensemble, n'est-ce pas quatre? Puis un V et trois barres, cela ne fait-il pas huit? Ce n'est pas ainsi que cela devrait être écrit ; cela est écrit k la façon des chiffres, parce que je ne sais pas lire les nombres si élevés quand ils son L écrits régulièrement en lettres. Gela veut dire que Marie est morte quarante-huit ans après la naissance du Sauveur. Je vois ensuite un X et trois bandes, puis deux pleines lunes telles qu'elles sont figurées dans les almanachs ; ainsi la Vierge est morte treize ans et deux mois après l'ascension du Sauveur. On n'est pas maintenant au mois de sa mort. Je crois qu'il y a bien une couple de mois que j'en ai vu le tableau, Ah! sa mort a été tout ensemble pleine de douleur et de joie.
Elle ajouta alors ce qui suit, en conservant la même animation et le même rerueillement :
Dès hier à midi, j'ai observé beaucoup de tristesse et d'inquiétude dans la maison de la Vierge. Sa servante était extrêmement agitée, elle se jetait à genoux tantôt dans l'un des coins de la maison, tantôt en dehors, et elle pleurait en priant les bras étendus. La sainte Vierge était dans sa chambre parfaitement calme et semblait sur le point de rendre le dernier soupir. Elle avait tout le corps, les bras corn* pris, enveloppé dans une grande pièce d'étoffe, que j'ai déjà décrite quand je l'ai vue prendre son repos
chez Elisabeth, lors de la Visitation. Le voile qui couvrait sa tête était attaché en travers sur son front; quand elle conversait avec des hommes, elle le rabattait entièrement sur son visage; ses mains mêmes n'étaient à découvert que quand elle se trouvait seule. Dans ces derniers temps je ne lui ai vu prendre que de temps à autre, quelques cuillerées d'une liqueur que je voyais la servante exprimer d'un fruit jaunâtre,, disposé en grappes, dans la soucoupe placée sur l'escabeau à côté du lit. Vers le soir, la sainte Vierge, sentant que sa fm approchait, voulut, conformément à la volonté de son Fils, bénir les apôtres, les saintes femmes et les disciples qui étaient présents, et leur faire ses adieux. Sa chambre à coucher était ouverte de tous les côtés; assise sur son lit, la Vierge semblait en quelque sorte toute transparente. Elle pria, puis elle bénit chacun séparément, en lui touchant le front de ses mains croisées. Puis elle lui parla collectivement et fit absolument tout ce que le Sauveur à Béthanie lui avait recommandé de faire.
Quand Pierre s'approcha d'elle, je vis qu'il avait un rouleau à la main. Elle dit à Jean ce qu'il devait faire de son corps et lui recommanda de partager ses vêlements entre sa servante et une jeune fille pauvre du voisinage qui venait souvent lui rendre service. Alors elle montra la petite chambre qui renfermait ses vêtements, et je vis que la servante y alla, ouvrit la petite chambre et la referma; je vis en celte circoiistauce toute la garde-robe de la Vierge, je me propose d'en parler plus tard. Après les apôtres, les disciples présents s'approchèrent du lit de Marie et reçurent comme eux sa bénédiction. Quand cela fut fait, les hommes retournèrent à la partie antérieure de la maison et s'y disposèrent pour l'office, tandis que les femmes qui se trouvaient à la maison s'appro-