CHAPITRE TROISIÈME
me rappelle encore de ces fantômes impurs. Je vis sortir de l'abîme mie église presque semblable à la représentation qui m'est offerte de la sainte Eglisecatholique, quand je la vois non comme un édifice particulier, mais comme la sainte Eglise catholique en général; seulement celle-ci a au-dessus de la porte une tour qui manque à l'église sortie du fond de l'abîme. Cette église était vaste, mais elle était fausse; les anges dirigèrent leurs efforts contre elle, et elle fut presque complètement renversée. Je vis ensuite une grande coupe aver une nervure sur le bord; elle voulut pénétrer dans Fèglise du mensonge, mais elle fut également rejetée.
Bientôt je vis les anges préparer un calice; il avait la forme du saint calice de la cène, et finit par se confondre avec la tour dans laquelle la Vierge était entrée. Je vis aussi paraître une tour ou édifice mas* sif, avec plusieurs portes. J'y vis entrer un grand nombre de personnages, parmi lesquels je reconnus Abraham et les entants d'Israël; je crois qu'il désignait les Juifs captifs et opprimés sous les Pharaons. Je vis ensuite monter une tour ronde à degrés qui se rattachait aussi à l'Egypte; elle fut ébranlée et presque renversée. Je vis paraître encore un temple égyptien semblable à celui au sommet duquel je vis les prêtres suspendre l'image d'une vierge ailée, quand le messager d'Elie leur eut fait connaître le symbole de la Vierge que le prophète avait vu sur le Garmel; j'en parlerai plus tard. Quant au temple^ il fut ébranlé et demeura inchné.
Presque aussitôt après, je vis fleurir, entre les chœurs des anges et à droite de la tour sainte, un rameau, ou plutôt un arbre généalogique sur lequel étaient un certain nombre de personnages des deux sexes se donnant la main. Cet arbre généalogique se terminait par une petite crèche avec un enfant, sem-
blable à celle que j'ai vue au pays des rois mages (1).
(1) Dans SCS visions suivies sur la vie publique du Sauveur, qu'elle ■eut pour ainsi dire sans inlerruplion durant un espace de trois années entières, la sœur Emmeiich vil, après la résurrection de Lazare qui eut lieu, suivant elle, le 7 octobre delà troisième année, Notre-Seigneur se soustraire aux persécutions dos pharisiens, et se retirer au delà du Jourdain où il renvoya chez eux les disciples et les a])ôtres. Pour lui, partani avec trois jeunes gens, Eliud, Silas et Ercmcnzéar, lesquels descendaient de compagnons des mages qui, au moment de leur départ, étaient restés en Palestine et s'étaient unis aux familles des bergers de Bethléem, ii se dirigea vers la localité alors habitée par les mages, d'où il revint dans la Judée, eu passant par l'Egypte Le janvier avant sa mort, il revient en Judée, le 8 au soir il retrouve les apôtres au puits de Jacob, puis il prêche et guérit les malades a Sichar, a Ephron, auprès de Jéricho, â Capharnaùm et a Nazareih. Vers le mois de février, il retourne à Bélhanie et aux environs, il prêche et guérit à Béthabara, a Ephraïm et auprès de Jéricho; enfin, de la mi février au 30 mars, jour de sa Passion, il est alternativement à Béthanie et à Jérusalem. Les évangélistcs gardent le silence le plus complet sur le temps qui s'écoula entre la résurrection de Lazare et le jour des Rameaux, et saint Jean se borne à dire : « A partir de ce jour-là, ils songèrent a le faire mourir. Jésus donc ne se montra plus en public au milieu des JuifSj mais il se rendit dans une région voisine du désert, dans la ville appelée Ephrem, et il y srjouiiia avec ses disciples (Joan., XI, 53, 54). » La sœur Emmerich nous montre le Sauveur à Ephraïm, auprès de Jéricho, le le 45 et le 16 janvier, puis de nouveau du 6 au 12 février, mais sans pouvoir déterminer le jour. — Mais il est temps d'arriver à l'objet premier de celte note. Du l^r au 15 décembre de la troisième année, elle vil et raconta jour par jour les particularités du séjour de Notre-Seigiieur et de ses trois jeunes disciples dans une ville de tentes^ située en Arabie, et où les mages s'étaient fixés à leur retour de Jérusalem; deux d entre eux vivaient encore à cette époque. Elle décrivit avec des détails aussi circonstanciés qu'intéressants leur genre de vie, leurs pratiques religieuses et les cérémonies avec lesquelles ils reçureul le Sauveur. Ainsi, du 4 au 6 décembre, elle montra les adorateurs des astres conduisant le divin Maître dans leur temple, c'est-à-dire dans une pyramide de bois, quadrangulaire et tronquée par le haut, garnie de degrés et d'escaliers; de l'extérieur du temple, il? observaient les astres, tandis que l'intérieur servait pour leurs céiémonics religieuses. Ils lui firent voir l'image de l'enfant Jésus dans la crèche qu'ils avaient fait faire aussitôt après leur retour de Bethléem, conformément au modèle qu'ils avaient vu dans l'étoile avant leur départ. Voici comment elle la décrivit : » Elle était en or et entourée d'une plaque de