‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 35 sur 304 · FIGURE DE MARIE EN EGYPTE AYANT LE PROPHÈTE EUE · texte numérisé non relu

FIGURE DE MARIE EN EGYPTE AYANT LE PROPHÈTE EUE

J'ai vu, à une époque très-reculée, quelque chose qui se passa en Egypte et qui se rapportait figurativement à la sainte Vierge. Gela a dti avoir heu bien avant Elle, à l'époque duquel il est arrivé là quelque chose dont je parlerai plus tard.

J'ai vu, dans une partie de l'Egypte bien plus éloi- , gnée de la Palestine que ne l'est Héhopohs, une

môme métal, figurant une étoile. L'enfant, également en or, était couché dans une crèche, semblable à celle de Bethléem et sur une • couverture rougo; ses petits bias étaient croisés sur sa poitrine, et il était ernmailloUé depuis les pieds jusqu'à la poitrine. La paille n'avait pas été oubliée; on voyait encore derrière la tôle de l'enfant une petite couronne blanche, mais je ne saurais dire de quoi elle était faite, lis firent voir au Sauveur cette représentation de sa crèche. C'était d'ailleurs la seule image qu'ils eussent dans le temple. » Tels étaient l'enfant et la crèche dont il est question dans le texte. Voir sur cet épisode la Fie de ISotre-Seigneurj tom. Vj 365-401, et tom. VI, p. 1-45.

localité ayant dans son voisinage une idole dans une ile, au uiilicu du fleuve. La téte de l'idole n'était complètement ni une téte d'homme ni une tête de bœuf, elle portait trois cornes dont une au milieu sur le front. La statue était creuse et avait dans le corps des ouvertures où l'on brûlait les victimes comme sur un brasier; ses pieds étaient garnis de griffes. Elle avait dans l'une de ses mains une fleur semblable au lis, qui vient dans l'eau et qui s'ouvre et se ferme avec le lever et le coucher du soleil; elle avait dans l'autre une plante que je ne puis guère mieux comparer qu'à un épi avec des grains extrêmement gros; je crois qu'elle venait également dans l'eau, mais je ne puis l'aftirmer positivement. Les Egyptiens avaient élevé un temple à celte idole à la suite d'une victoire, ils voulaient le lui consacrer, et tout était prêt pour le sacrifice. Mais au moment où ils étaient sur l'eau, s'approchant de l'idole, il arriva un fait extraordinaire : j'aperçus auprès de l'idole une apparition sombre et affreuse et au-dessus un ange à la taille gigantesque, semblable à celui que l'apôtre saint Jean vit dans l'Apocalypse. Cet ange lutta avec son bâton contre le monstre et le renversa sur le dos. Le démon se courba et fut obligé de leur dire par la bouche de l'idole qu'ils devaient consacrer ce temple non en son honneur, mais en l'honneur d'une vierge qui paraîtrait sur la terre et à laquelle ils devaient la victoire, mais je ne me rappelle pas bien les détails. Bientôt après ils placèrent dans le nouveau temple l'image d'une vierge ailée : cette image était fixée à la muraille. La vierge, les ailes déployées, se baissait au-dessus d'une petite nacelle où était couché un jeune enfant. La nacelle reposait sur une colonne dont la partie supérieure présentait à peu près l'aspect d'un arbre. Ses deux mains étaient étendues, elle avait dans l'une une balance, et je remarquai

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auprès d'elle sur \ muraille deiLx personnages qui mettaient quelque èhose dans les deux plateaux de la balance. La petite \acelle où était l'enfant ressemblait à la corbeille dans laquelle Moïse fut exposé sur le Nil; seulement elfe était complètement ouverte dans la partie supérieure, tandis que celle de Moïse t^^it fermée, sauf une étroite ouverture. .

SYMBOLE DE LA 'riERsE MONTRÉ A EUE. — ■ EXPLICATION ï>E es SYMBOLE.

J'ai vu la Palestine entière desséchée et privée d'eau, et comment Elle se rendit sur le Garmel avec deux serviteurs pour demander à Dieu le bienfait de la pluie. Ils gravirent d'abord une cime élevée, puis des degrés grossièrement taillés dans le roc et conduisant à une terrasse, ensuite d'autres degrés du même genre, et arrivèrent ainsi à une plate-forme assez vaste, dominée par une colline pierreuse dans laquelle était une grotte. Elie monta encore quelques degrés, pour arriver au sommet de la colline. II laissa les serviteurs sur le bord de la plate-forme et dit à l'un d'eux de porter les yeux sur le lac de Galilée. Son aspect était affreux; il était en partie desséché et ne présentait à l'œil que des trous, des cavernes, des bourbiers impurs et des animaux en putréfaction.

Elie,s'étant accroupi, mit la tête entre les genoux, s'enveloppa de son vêtement, adressa à Dieu de ferventes prières et demanda à sept reprises différentes à son serviteur s'il ne voyait pas des nuages s'élever de dessus la mer. La septième fois je vis les nuages se lever, et le serviteur annonça la bonne nouvelle au prophète, qui l'envoya aussitôt vers le roi Achab.

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Cependant je vis se former au nilieu de la mer un ' tourbillon blanchâtre du sein dvQuel s'éleva un petit nuage noir, en Corme de poin^> lequel s'ouvrit et se développa. Je vis d'abord dans ce nuage une petite forme lumineuse, semblable à une vierge. Je vis aussi qu'Elie l'aperçut au moment oii le nuage s^ développa. La tête de h vierge était entourée de rayons, elle avait les bras en croix et tenait à la inain une couronne, symbole de la victoire Son J->ng vêtement était commue attaché sous ses pieà<>. Elle parut dans le nuage, au moment où se développa, comme planant au-dessus de b Falestine et la couvrant tout entière. Je vis p/isuite ce même nuage se diviser et retomber, sous la forme de tourbillons de rosée, en un certain nombre de lieux saints et consacrés, là 011 demeuraient des hommes pieux qui soupiraient après le salut. Ces tourbillons se terminaient par des bordures aux couleurs de l'arc en ciel, et la bénédiction s'y concentrait comme une p(^rle dans son écaille. Il me fut expliqué que c'était un symbole, et que de ces lieux bénis sur lesquels le nuage était descendu en tourbillons blanchâtres, on avait coopéré réellement à donner la Vierge à la terre (i).

(1) L'humanilé, avant Noti e-Seigneur Jcsus-Christ, ressemblait à une terre desséchée, a laquelle la pluie était nécessaire pour qu'elle pùt porter des fruits. Elle implorait le ternie de cet état désastreux, non-seulement par les grâces spirituelles, mais encore par la justice personnelle. Jésus-Christ n'était pas seulement le fruit et le rejeton de Uieu et de la terre (/s., iv, 2; Jertm., xxiti, 5 et xxxiii, 15; iMchar.^ ui, 8 et vi, 12}; il était encore la pluie, la rosée qui devait produire des fruits semblables a lui-même. Ainsi David avait dit : « 11 descendra comme la pluie sur Therbe fraîchement coupée, comme les gouttes de la rosée sur la terre. Le juste fleurira sous son règne, et il y aura une grande abondance sur la terre; sur le sommet des montagnes (c'est- a-dire, suivant i'iuterprétalion de la paraphrase chaldaïque, dans l'Eylise) ils se multiplieront du sein des villes comme Therbe de la prairie (Ps. lxxi) . C'est pour

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