CHAPITRE TROISIÈME
Je vis un songe prophélique clans lequel Elie re connut, tandis que le nuage s'élevait, quatre mystères qui se rapportaient à la sainte Vierge. Malheureusement tant de dérangem.enls que j'ai eus m'ont lait oublier ces détails ainsi que beaucoup d'autres. Elie reconnut entre autres choses que Marie devait naître au septième âge du monde, ce fut pour cela qu'il appela son serviteur à sept reprises différentes. Il vit aussi de quelle famille elle devait sortir. Il aperçut dans une partie de la Palestine un rameau trèsbas, mais extrêmement large, et, du côté opposé, un autre rameau, large à la racine et effilé par le haut, dont le sommet se confondait dans celui du premier. Il comprit tous ces symboles et reconnut ainsi quatre mystères de la future mère du Sauveur.
Je vis ensuite comment Elie agrandit la grotte au-
eela que le prophète Isaïe a chanté : « Cieux, envoyez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le juste (xl, 8). » En tant qu'elle ne cesse pas de se donner aux hommes, celte pluie fécondante est la sainte Eucharistie, figurée par la manne; aussi l'ancien commentaire hébraïque Breschithrabba, sur le passage où Isaâc promet à Jacob comme bénédiction la rosée du ciel [Parascha 65^, de l'édition donnée à Constantinople, sous Soliman), dit-il qu'il faut entendre par cette rosée la manne et par le froment et le vin (qui se nourrissent de la rosée) une postérité de jeunes garçons et de jeunes filles (sur la Genèse, xxvu, 28. Voir aussi Zachar.^ ix, 17). line faut donc pas s'étonner de voir dans des monuments postérieurs de la littérature juive le Messie représenté par ce symbole de la rosée : ainsi, dans le Talmud {Taanith. dist. Maimathi maskirin), le rabbin Bérachia dit : « Le peuple d'Israël demanda a Dieu (Os.j Yi^ 3) de venir comme la pluie du matin et comme celle du soir, qui féconde la terre. Alors Dieu lui dit : Mon enfiint, tu demandes de moi une chose qui tantôt sera et tantôt ne sera pas; je veux être pour toi une chose qui te sera toujours «ccordée : je serai la rosée d'Israël, et Israël sera pour moi un lys éclatant de beauté [Os. , xiv, 10). » Mais un passage qui se rapporte plus clairement encore au Messie, c'est le passage du Talmud de Jérusalem (traité B'rachoth, chap. Z)^ dans lequel le sacerdoce du Messie est ramené à cette idée. 11 explique ce passage : a Du sein de l'aurore vient la rosée de ta naissance (Dans la Vulgate : Eoq utero unie luciferum genui te [Ps, cix, 3),
près de laquelle il avait prié, comment il établit un bel ordre parmi les enfants des prophètes, comment à partir de son époque ii y en eut toujours plusieurs dans cette grotte occupés à demander à Dieu la naissance de la Vierge et à l'honorer même avant qu'elle lut donnée au monde. — Je vis que ces hommages furent rendus ici à la sainte Vierge sans interruption, que ce ministère appartenait aux esséniens à l'époque où Marie vécut, et qu'il passa ensuite à des sohtaires, puis enfin aux carmes qui s'en acquittent encore actuellement.
Plus tard a une époque où elle communiquait des visions du temps de Jean -Baptiste, la pieuse fille \it la même scène d'une façon moins symbolique et avec plus de particularités historiques et topugraphiques. INous reproduisons ces nouveaux détails qui complètent les précédents.
J'ai VU une grande agitation dans le temple de
par le passage suivant du prophète Michée (Y, 7) : « Comme la rosée du Seigneur, comme la goutte de pluie sur le gazon, qui n'attend pas l'homme, qui n'est pas à la disposition des enfants des hommes. » Si la nuée mystérieuse d'Elie, la figure de celle qui a porté et donné à la terre la pluie mystérieuse qui a coulé sur le calvaire et qui maintenant encore coule tous les jours dans le sacrement pour rafraîchir la terre desséchée^ monte de la mer de Galilée, cela s'accorde très-bien avec cette circonstance, que c'est de cette mer et de ses rivages que la rosée des prédications et des guérisons miraculeuses du Sauveur s'est répandue sur les pauvres mortels avec tant d'abondance et de générosité. Chose plus remarquable encore : quand le Sauveur enseigna a Capharnaiim qu'il était la vraie rosée céleste, la manne véritable, le pain de vie dans le saint sacrement, ii venait de passer miraculeusement comme une nuée au-dessus de la mer de Galilée et il répandait dans le cœur de ses auditeurs la bénédiction de la plus grande de ses promesses. L'écrivain se rappelle avoir lu dans un vieux livre rabbinique que le Messie devait se lever de la îner de Galilée; il lui est impossible d'indiquer actuellement le texte, mais il espère le retrouver avec de nouvelles recherches. Actuellement il se boi ne a reproduire ce passage d'un ancien commentaire rabbinique sur les Psaumes : «J'ai créé sept mers, dit le Scigueur, nmis de ces sept mers je n'en ai choisi aucune comme la mer de Génésarelh. w (Midrascli ThiUimj f. 1, cité par Lilïlitfoolj Cenlur, chronogr.j cap, lxx.)