CHAPITRE TROISIÈME
Jérusalem : on délibérait, on écrivait avec des roseaux, on envoyait des messagers dans tout le pays. On priait, on adressait d'ardentes prières àDieu pour obtenir de la pluie, on faisait chercher partout le prophète Elle. — J'ai vu aussi le prophète miraculeusement nourri et rafraîchi dans le désert d'Engaddi^ un ange lui présenta un vase, semblable à un petit tonneau brillant, rouge et blanc, et traversé d un certain nombre de lignes. J'ai vu tous ses rapports avec Achab, le sacrifice sur le Garmel, la mort des prêtres idolâtres, la prière qu'il adressa à Dieu pour obtenir de la pluie, enfin le mouvement des nuages.
Outre le dessèchement de la terre, je vis à la même époque la stérihté dans l'espèce humaine et surtout l'appauvrissement des raCjCs supérieures. Je vis que, par ses prières, le prophète appela la bénédiction de laquelle sortit la nuée, qu'il dirigea les nuages et les distribua conformément à des lumières surnaturelles; autrement la terre aurait pu être ravagée par un déluge destructeur. Sept fois différentes il demanda à son serviteur s'il voyait le nuage s'élever; cela désignait sept âges ou sept générations qui devaient s'écouler avant que la bénédiction produisit en Israël une racine solide dont la nuée de bénédiction n'était qu'une image. Il vit lui-même, dans la nuée s'élevant au-dessus de la mer, une figure de la Vierge, et il y reconnut plusieurs mystères qui se rattachaient à sa naissance et à sa généalogie (1).
J'ai vu d'abord, grâce à la prière d'Elie, la bénédiction appelée sur la terre sous la forme de la rosée. La nuée s'abaissa par floconsblanchâtres, ils formèrent des tourbillons bordés par les feux de i'arc-en-ciel, et
(I) On trouve dans l'office de l'Immaculée Conception et dans un grand nombre d'auteurs de traités spirituels, le verset : Slcut nehula texiomnem terram (EccZi.jXxiv, 6) appliqué à la sainte Vierge avec le même sens que dans celte vision.
VIE DE Lk TllÈS-SAINTE VIERGE.
finirent par se résondre en gouttes de rosée. J'y reconnus aussi un rapport avee la manne du désert; mais le matin la manne était à terre par gros morceaux compactes que l'on pouvait ramasser. J'ai vu ce tourbillon de rosée fécondante longer le Jourdain et tomber non également partout, mais çà et là aux endroits les plus remarquables. Je vis surtout de ces tourbillons lumineux tomber à Ennon, en face de Salem et dans les autres localités où l'on devait ensuite administrer le baptême. Je demandai ce que voulait dire la bordure aux teintes variées de ces tourbillons; et il me fut répondu par l'exemple du coquillage qui a aussi des bords à teintes variées et qui, en s'exposant au soleil, pompe la lumière, et la purifie de ses teintes diverses jusqu'à ce qu'enfin la perle blanche et pure se forme en son milieu. Il me fut encore montré que cette rosée et la pluie qui la suivit étaient bien autre chose que ce qu'on entend d'ordinaire par le rafraîchissement de la terre. Je vis très-clairement que, sans cette rosée, la naissance de la Vierge aurait été retardée de cent ans au moins, parce que, grâce à cet amollissement et à cette bénédiction de la terre, les hommes,, vivant de ses fruits, furent rafraîchis et vivitiés dans la même mesure qu'elle, et que la chair s'ennoblit.en participant à cette bénédiction.
Je vis, relativement à l'avènement prochain du Messie, les rayons de cette rosée vivifiante passer de génération en génération jusque dans la substance de la sainte Vierge; mais ce sont des choses que Ton peut à peine indiquer. J'ai vu plusieurs fois une ou plusieurs perles se former après la disparition des teintes de farc-en-ciel; sur ces perles apparaissait une figure humaine qui semblait exhaler l'esprit et en produire d'autres ensuite. Le symbole du coquillage et de la perle se rattachait à Marie et à Jésus.