CHAPITRE TROISIÈME
tîons. Je viSj sur un grand nombre d'autres rameaux, placés à la circonférence, d'autres personnages tournés vers le centre dans une position respectueuse; puis dans l'église un nombre considérable de saints, divisés par ordres et par chœurs, et occupés à rendre leurs hommages et à adresser leurs prières à cette sainte Mère.— Je ne puis mieux comparer cette lete, avec son charme et son recueillement, qu'à un champ dans lequel un nombre prodigieux de fleurs, agitées par un doux zéphyr, oliVent, en s'inclinant devant eux, leurs parfums et le spectacle de leurs mille nuances aux rayons du soleil, auxquels elles doivent leurs agréments et jusqu'à leur existence.
Bientôt l'arbuste lumineux, par un développement nouveau, grandit et s'éleva jusqu'au faite de ce symbole expressif de la fête de l'Immaculée Conception, et je vis, dans ce second épanouissement de l'arbuste, une seconde période de la même fête. Je vis "saint Joseph et la Vierge agenouillés, et plus bas sainte Anne. Ils adoraient l'enfant Jésus assis audessus d'eux au sommet de l'arbre, au miheu d'un océan de lumière, ayant dans la main la pomme de justice ou la boule du monde. Autour de l'arbuste je vis en adoration d'abord les chœurs des mages, des pasteurs, des apôtres et des disciples, puis plus loin d'autres saints. A une certaine distance je remarquai encore, dans les régions supérieures, des formes plus vagues, moins précises de forces et de vertus, et plus haut une sorte de demi-soleil qui semblait pénétrer à travers la coupole de l'église. Il me sembla que ce second tableau était destiné à rappeler que la fêté de la Noël suit de près celle de l'Immaculée Conception. A la première apparition du tableau, je crus que je me trouvais en dehors de l'église , sous la colonne^ et aux alentours; puis je fus dans l'église même que j'ai décrite. J'ai vu encore la jeune Marie se çlévelop-
per dans l'espace lumineux sous le cœur de sa sainte Mère, et j'ai reçu en môme temps l'assurance la plus énergique de sa conception immaculée; je l'ai lue clairement comme en un livre, et j'en ai pénétré le mystère. Il me fut dit qu'on avait autrefois élevé une église en cet endroit pour remercier Dieu de cette grande grâce, mais qu'elle était tombée en ruines à l'occasion de discussions inconvenantes relatives à ce mystère; cependant l'Eglise triomphante continuait toujours à y célébrer cette fête.