‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 46 sur 304 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

même façon, la tête un peu courbée et les joues défaites; elle était belle malgré sa maigreur et me parut avoir environ cinquante ans; son extérieur était celui d'une Juive. Je me dis alors : « Que me veut donc cette vieille Juive ? » Elle me dit : « Tu ne dois pas t'effrayer, ma fille, j'ai voulu me montrer à toi telle que j'étais quand j'ai donné le jour à la Mère de Dieu, afin que tu ne sois pas exposée à te tromper. » Je lui dis aussitôt : « Qu'est donc devenue la chère petite Marie? » Elle me répondit qu'elle ne l'avait pas avec elle. Je lui demandai quel âge elle avait alors, et elle me répondit : « Quatre ans. » Je l'interrogeai de nouveau pour savoir si je n'avais rien dit de trop, et elle me rassura. J'osai encore lui dire : « Faites que je ne parle pas trop. » Elle ne me répondit rien, et disparut. Alors je m'éveillai, je pensai à tout ce que j'avais vu relativement à sainte Anne et à l'enfance de la Vierge; tout me parut très-net, et je me sentis extrêmement heureuse. Le matin, m'étant éveillée , je vis encore d'autres tableaux , parfaitement beaux et très-bien liés entre eux. Il me sembla que je ne pourrais jamais les oublier; mais la journée m'a apporté tant de peines et de dérangements que je n'en sais plus absolument rien.

YIII.

TABLEAUX SYMBOLIQUES DE LA CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE l'immaculée CONCEPTION.

(8 décembre 1819.)

Après ^voir eu sous les yeux durant toute la nuit €t jusqu'au matin des tableaux épouvantables qui me représentaient le règne du péché dans le monde entier, je m'endormis de nouveau, et je fus transportée à Jérusalem, à l'endroit où était autrefois le temple.

ME DE LA TRES-SAI.\Tl< VIERGE.

et de là aux environs de Nazarcih où était la maison d'Anne et de Joachim; je reconnus encore les environs. Là je vis sortir du sein de la terre une belle colonne lumineuse semblable à la tige d'une fleur, et de même que le calice d'une fleur ou la capsule du pavot repose sur la tige, cette colonne supportait une église octogone toute lumineuse (1). La colonne pénétrait en forme d'arbuste au milieu de l'église, et ses branches, régulièrement disposées, supportaient les images de plusieurs des parents de la Vierge qui étaient en ce jour les objels des hommages de l'Eglise ; on eût dit qu'ils reposaient sur les étamines d'une fleur. C'était sainte Anne, entre saint Joachim et un autre homme, peut-être son père. Je vis sous le cœur de sainte Anne un espace lumineux ayant à peu près la forme d'un calice, et, dans cet espace, l'image d'un enfant tout lumineux qui grandissait et se développait. L'enfant avait ses petites mains croisées sur la poitrine et sa petite télc un peu inclinée; un nombre infmi de rayons partaient de lui pour inonder l'une des parties du monde; je fus étonnée de ne pas les voir se répandre dans toutes les direc-

(1) La sœurEmmericlî, dans ses visions, voyait les fûtes de TEglise célébrées dans FEglise triompliante, même quand elles ne relaient plus surla terre. Elle voyait alors la fête célébrée d'une façon symbolique par les saints qui s'y rattachaient de quelque façon et célébrée dans une église lumineuse et a jour qui avait habituellement la forme octogone : cette église lui semblait le plus souvent planer dans les airs. Il faut remarquer que dans les fêtes consacrées a quelque parent du Sauveur selon la '/chair ou destinées à honorer Vunde» mystères de sa vie, elle voyait l'église non point suspendue dans les airs, mais reposant, comme une fleur ou un fruit, sur une sorte de tige ou colonne s'élançant de la terre, et ne cessant pas pour ainsi dire de croître et de se développer. L'écrivain a surtout observé cette particularité à propos de la fête des saints stigmatisés comme saint Fran. cois d'Assise, sainte Catherine de Sienne, etc. 11 semble que ces circonstances auraient eu besoin d'explication, il est probable que l'humilité n'a pas permis à la sœur d'insister sur ce point.

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