CHAPITRE TROISIÈME
visita en Abyssinie une colonie juive singulière, établie sur une haute montagne et vit en particulier la reine nommée Judith
naux et les réservoirs de la sagesse des différentes nations, et que l'ile môme renfermait la source des fleuves considérés comme saints par les peuples, du Gange en particulier, lesquels apparaissaient au pied de la montagne; d'après son point de départ, elle devait toujours, pour ariiver à la montagne des Prophètes, se diriger vers les hauteurs de l'Asie centrale. Elle observait la position, la température des pays qu'elle, parcourait, les particularités relatives aux trois règnes, puis après avoir traversé un espace complètement solitaire et avoir, pour ainsi dire, pénétré dans la région des nuages, elle était transportée sur la montagne, dont on trouvera la description dans l'histoire complète de la Sœur, avec toutes les particularités de ces voyages extraordinaires. Au retour, après avoir été de nouveau transportée dans la région des nuages, elle traversait encore des pays dont elle admirait la riche végétation et les espèces animales étrangères à nos climats;, puis elle arrivait au Gange et observait, sur les bords de ce fleuve, les pratiques religieuses des Indiens. — La situation géographique de la montagne et cette particularité que tout y était recouvert d'une admirable végétation ont rappelé, à une personne qui lisait ces notes vingt ans après qu'elles avaient été recueillies, les traditions asiatiques touchant une montagne de ce genre, habitée également par un personnage mystérieux. Pour les Musulmans, le prophète Elie qu'ils appellent Chiser, c'est-à-dire le Vert, est un personnage mystérieux, a moitié homme et à moitié ange, qui habite dans les régions du nord le mont Kaf, si célèbre dans leurs livres tant religieux que poétiques, et là, à la source même de la vie, veille sur des choses mystérieuses, confiées à sa garde. Les Indiens et les Chinois placent également dans l'Asie centrale, où est suivant la sœur Emmerich, la montagne des Prophètes, les uns leur montagne sainte Mérou et les autres leur Kuen-loun, dont les habitants n'ont rien perdu de la félicité primitive. — Les anciens Perses avaient aussi une localité du même genre qu'ils appelaient El-bords ou Albordsch. On peut croire, d'après Isaïe (xiv, 13) que les Babyloniens avaient une croyance analogue. Que si, comme les Babyloniens et les Musulmans actuels, ils placent cette montagne au nord, la chose s'explique par leur position géographique relativement à la haute Asie.
(1) A l'époque où il recueillait dos détails circonstanciés sur ses rapports avec Judith et la nature du pays habité par celle-ci^ l'écrivain n'avait pu que conjecturer par la direction suivie par la Sœur, qu'il s'agissait de l' Abyssinie ; plusieurs années après sa mort il a vu dans les voyages de Bruce et de Sait qu'il y a sur la haute montagne de Samen, en Abyssinie, un petit état juif dont le chef s'appelle toujours Gédéon, et, quand c'est une femme, Judith; ce nom est précisément celui qu'indiqua la Sœur^
avec laquelle elle s'enlrclint du Messie, de la fêle de la conceplion de sa divine Mère qu'on célébrait ce jour-la môme, du saint temps de l'Avcnl et de la fêle prochaine de Noël. Elle fil dans ces courses tout ce que les circonstances et le zèle du saUU des âmes inspireraient â un zélé missionnaire qui ferait les mêmes voyai^cs; elle pria, elle éclaira, elle distribua des secours spirituels, des consolations, des avis utiles. Pour rendre intelligible au lecteur ce qu'elle dit a cette occasion de la fête de l'immaculée Conception, nous le renvoyons à la note où on a résumé la partie de la vie publique du Sauveur dont elle s'occupait à cette époque.
La nuit dernière, dans mon grand voyage, étant arrivée en Palestine, je vis tout ce que j'ai raconté de la conception de la Vierge. Je passai ensuite à mes visions suivies sur la vie du Sauveur, j'en étais au 8 décembre de la troisième année. Je ne trouvai pas le Sauveur en Palestine, mais je fus transportée par mon guide au delà du Jourdain, à l'est, en Arabie; il était alors avec les trois jeunes gens dans la ville de Tentes, où les mages s'étaient établis depuis leur retour de Bethléem.
LA CONCEPTION DE LA VIERGE FÊTÉE PAR LES MAGES. — ABO- LITION DES CAGRIFICES HUMAINS CHEZ LES ADORATEURS DES ASTRES.
J'ai vu que les deux mages qui vivaient encore commençaient aujourd'hui, 8 décembre, à célébrer une fête de trois jours avec toute leur tribu. C'était cette nuit-là même que, quinze ans avant la naissance du Sauveur, ils avaient vu pour la première fois rétoile promise par Balaam (1) que leurs ancêtres avaient si fidèlement cherchée au ciel dans leurs longues observations; ils y avaient vu l'image d'une vierge , ayant dans l'une de ses mains un sceptre et dans l'autre une balance, dont les plateaux por-
(1) Nombresj xxiv, 17,