‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 61 sur 304 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Plus tard, ils placèrent aussi dans leur temple un autre symbole de la Vierge, un jardin fermé. J'ai vu dans ce temple des animaux vivants, peut-être des chiens, auxquels on prodiguait toute sorte de soins; on leur donnait à manger d'autres animaux. Jusqu'ici j'avais toujours vu durant la nuit, dans le temple des mages, une illumination extraordinaire. En portant les yeux en haut, on voyait une sorte de ciel étoilé, formé d'un certain nombre de constellations fort bien disposées, et ils y opéraient des modifications, conformément aux observations qu'ils faisaient en considérant les astres. Il en fut ainsi en particulier à la naissance de la Vierge, et je les vis faire dès

Notre-Seigneur, elle le vit dans un temple des Chaldéens, et dit a ce sujet : « Us avaient sur une hauteur voisine une pyramide à degrés, avec une galerie de laquelle ils observaient assidûment les astres. Ils prédisaient l'avenir d'après la course des animaux, et inlerprétaient les songes et prophélisaienl ; ils avaient surtout le pressentiment d'une mère de Dieu. 11 y avait dans leur temple, de forme ovale, Uîi nombre considérable de statues de métal, travaillées avec ua art exquis; mais l'objet le plus vénéré de ce temple était une pyramide triangulaire. De l'un des côtés de cette pyramide était une figure avec un grand nombre de bras et de pieds d'animaux ; «lie avait dans les mains entre autres objets une boule, un cercl», un bouquet d'herbes, une grosse pomme a côtes, avec sa tige. La face, environnée de rayons, ressemblait à celle que l'on donne au soleil. Eli savait un grand nombre de mamelles eî représentait sans djute la nature ou le principe de la production des êtres ; on lui donnait le nom de Miter ou de Mitras. Sur un autre côté de la pyramide, oa voyait une figure d'animal avec une seule corna ; c'était une licorne, ou l'appelait du nom d'Asphas ou d'Aspax. Elle luttait avec sa corne contre un monstre qui se trouvait sur la troisième face de la pyramide. Ce dernier avait la tète d'un hibou, un bec crochu, quatre pattes garnies de serres, deux ailes et une queue ,qui se terminait comme la queue du scorpion. J'ai oublié son nom; car j'ai beaucoup de peine à retenir les noms étrangers ; parfois je les confonds, et, quand je me les rappelle, je ne puis les reproduire qu'approximativement. Au-dessus des deux adversaires et au sommet de la pyramide était une statue qui représentait la mère de tous les dieux. Soa nom était la Femme ou Alpha. Elle était considérée comme la plus puissante de toutes les divinités, et quiconque voulait obtenir quel-

lors à l'intérieur l'illumination qu'ils faisaient autrefois à l'extérieur.

A peine la sainte Vierge était-elle venue au monde que je vis tomber à la mer l'image d'une femme ailée^ tenant à la main une balance et penchée au-dessus d'un enfant, placé lui-même dans une petite nacelle qui reposait sur un arbre; elle était hors du temple, en une île, à l'endroit où, longtemps avant l'époque d'Elie, je l'ai vue dresser, conformément aux ordres d'un oracle. L'arbuste sur lequel reposait la nacelle avec l'enfant ne fut pas renversé. Plus tard, on éleva une église en cet endroit. La femme ailée, avec trois mamelles que j'ai vue placée en Egypte au sommet d'un temple, après qu'un envoyé d'Elie eut fait conque chose du Dieu suprême, devait iiécessaii ement s'adresser à eUe ; on la nommait aussi le grenier de froment. Une gerbe de beaux épis sortait de son seiu fécond ; la tête était ramenée en avant, car elle ^ portait sur ses épaules un vase qui contenait ou qui avait contenu du vin. Ces peuples résumaient toute leur doctrine dans ces mots mystérieux : M Le froment doit se changer en pain et le raisin en vin pour rassasier et rafraîchir les hommes. » Cette btatue portait sur la tête une sorte de couronne ; et deux lettres assez semblables à nos lettres 0 et W (peut-être était-ce alpha et oméga) étaient gravées sur la pyramide. Ce qui m'étonna le plus dans ce temple, ce fut de voir sur un autel d'airain un jar-din de forme ronde et entouré d'un treillis d'or, au-dessus duquel était l'image d'une viei ge. Au milieu du jardin était un puits formé de plusieurs bassins scellés ensemble^ et sur le devant une vigne magnifique, avec une belle grappe rouge. Cette grappe était suspendue au-dessus d'un pressoir de couleur sombrCy dont la forme me fit penser à la croix de Notre-Seigneur ; c'était cependant un pressoir. Un large entonnoir s'enfonçait dans un tronc d'arbre creusé dans toute sa longueur, et un sac de raisin était suspendu à son extrémité la plus étroite; deux bras mobiles, semblables à des leviei s et pénétrant de chaque côté dans l'arbre, pressaient le raisin renfermé dans le sac, et le jus découlait du tronc creusé par des trous que l'on avait pratiqués dans sa partie inférieure. — Le jardin, qui avait de cinq à six pieds de diamètre, était rempli d'arijrisseaux, de fleurs et de fruits parfaitement imités, ainsi que les grappes de raisin, et dont chacun avait sa signification mystérieuse (Voir le Cantique des cantiques^ iv, ~ Fie de JSotre-Sei^ (jneur Jésus-Clirlst^ tom, VI, pp. 47-19.

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