VISITES FAITES A MARIE ENFANT
Le 9 septembre, lendemain de la naissance de la Vierge, je vis encore arriver à la maison un assez grand nombre de parents du voisinage; j'ai entendu prononcer un certain nombre de noms, mais je les ai oubliés. Il est venu aussi des serviteurs de Joachim, attachés à ses pâturages les plus éloignés. On leur montra la jeune enfant, et ils furent tous transportés d'une grande joie. On fit à la maison un repas de réjouissance. — Les 10 et il septembre, je vis encore un certain nombre de personnes faire visite à reniant; il y avait dans le nombre des parents de Joachim, de la vallée de Zabulon. Pour ces visites, l'enfant était portée avec son berceau dans la pièce antérieure de la maison, et le berceau dressé sur un échaiaud, assez semblable à un chevalet de scieur, pour être exposé à tous les regards. Elle était enveveloppée jusque sous ses petits bras, qui étaient nus, d'une étoffe rouge et d'une étoffe blanche transparente, et avait autour du cou un petit voile aussi transparent. Le berceau était couvert de rouge et de blanc.
J'ai vu aussi Marie Cléophas, née du mariage de la fille ainée de sainte Anne et de Cléophas, et pour lors âgée de deux à trois ans, jouer avec Marie et la caresser. Marie Cléophas était forte et bien portante; elle avait une petite robe blanche sans manches,
iOG VIE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.
avec une bordure rouge, laquelle était garnie de boutons rougeàlres semblables à de petites pommes. Elle avait autour de ses bras nus des guirlandes blanches, de plumes, de soie, ou de laine.
l'enfant reçoit le nom de marie.
J'ai vu aujourd'hui une grande fête célébrée chez sainte Anne. Tout avait été débarrassé dans la partie antérieure de la maison, on avait enlevé toutes les cloisons en clayonnage destinées à former des cellules pour la nuit, et on avait eu ainsi une fort belle salle. On avait dressé une table longue et basse, couverte de vaisselle. Il y avait là un certain nombre de vases que je n'ai jamais vus ailleurs; j'y remarquai aussi des vases légers et garnis de trous dans leur partie supérieure, ils étaient destinés sans doute à recevoir des fleurs, je crois que c'étaient des corbeilles; j'ai vu aussi sur une table latérale un grand nombre de petits bâtons qui me parurent être d'ivoire, ainsi que des cuillers de la forme d'une coquille profonde, avec un manche qui se terminait par un anneau, et des chalumeaux recourbés destinés sans doute à aspirer quelque liqueur.
On avait dressé au milieu de la salle une sorte •d'autel recouvert de rouge et de blanc, sur lequel on avait placé un berceau tressé des mêmes couleurs, avec une couverture bleu de ciel. Auprès de l'autel (^tait un pupitre couvert avec des rouleaux de parchemin, pour la prière. Bientôt arrivèrent cinq prêtres de Nazareth, revêtus de leurs ornements sacerdotaux; un surtout avait des habits magnifiques, Joachim était avec eux. Je remarquai encore derrière l'autel un certain nombre de parents d'Anne