‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 91 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

aussi, avec de longues aiguilles en bois, des bandes étroites d'étoffe pour le temple, ou encore elle lavait les linges et purifiait les vases sacrés. Je l'ai vue souvent occupée-à prier et à méditer; je n'ai jamais vu qu'elle se mortifiât ou qu'elle se donnât la discipline, cela ne lui était pas nécessaire. Elle mangeait, comme les plus saints personnages, uniquement pour entretenir son existence, et ne prenait absolument rien de ce qu'elle s'était interdit par vœu. Outre les prières prescrites par la règle, elle ne cessait de soupirer après la rédemption et de faire oraison. En tout cela, elle se dérobait aux regards des hommes et évitait ce qui aurait pu attirer l'attention. Quand tout le monde reposait, elle se levait sur sa couche et se mettait en prière; souvent je l'ai vue, dans la prière, toute baignée de larmes et environnée d'une lumière surnaturelle. Même plus tard, quand elle fut plus grande, je la vis toujours habillée de bleu. Elle était voilée pour la prière; elle l'était encore quand' elle parlait aux prêtres et qu'elle descendait dans l'une des salles du temple pour rapporter ou prendre de l'ouvrage. Il y avait de trois côtés différents du temple de ces salles que j'ai toujours prises pour dessacristies; on y conservait différents objets que les jeunes filles, consacrées au service du temple, étaient chargées d'entretenir et de réparer, quand il le fallait.

J'ai vu la sainte Vierge vivre au temple dans un ravissement continu; elle me parut n'être plus sur la terre avec son âme et être souvent inondée de toutes sortes de consolations célestes. Elle soupirait instamment après la réalisation des promesses; mais, dans son humilité, elle osait à peine solliciter l'honneur d'être la dernière des servantes de la mère du Rédempteur.

La maîtresse plus spécialement chargée d'avoir

soin de la Vierge au temple s'appelait Noémi; elle était sœur de la mère de Lazare et pouvait avoir environ cinquante ans. Elle appartenait aux esséniens, ainsi que les autres pieuses femmes attachées au service du temple. Marie apprenait d'elle les ouvrages manuels; elle travaillait sous ses yeux, quand elle purifiait les vases sacrés teints du sang des victimes ou qu'elle dépeçait et préparait certaines parties des animaux immolés pour les femmes du temple ou pour les prêtres; car les uns et les autres se nourrissaient en partie de la chair des victimes. Plus tard, Marie prit une part plus active à ces dilTérents travaux. Quand Zacharie était de service au temple, il la visitait; elle connaissait aussi le vieillard Siméon. Le grand rôle que la Vierge était appelée à jouer ne pouvait échapper complètement aux prêtres. Sa grâce, sa sagesse, toute sa personne avait, dès les premières années qu'elle passa au temple, quelque chose de si remarquable, qu'avec toute son humilité il lui fut impossible de cacher entièrement ces privilèges admirables, le vis aussi plusieurs prêtres saints et âgés couvrir de gros rouleaux de notes qui la concernaient; ces écrits m'ont même été montrés, je ne sais plus quand, avec d'autres livres de l'antiquité.

Nous interrompons ici ces communicaUons touchant le séjour de la Vierge au temple pour faire connaître au lecteur quelques détails donnés par la Sœur sur la jeunesse de saint Joseph.

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