‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 92 sur 304 · JEUNESSE DE SAINT JOSEPH · texte numérisé non relu

JEUNESSE DE SAINT JOSEPH

(18 mars 1820 et i8 mars 182Î.)

De beaucoup de choses que j'ai vues touchant les premières années de saint Joseph, je me rappelle encore ce qui suit. Joseph, dont le père s'appelait Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents habitaient un vaste édifice en avant de Bethléem; c'était la maison paternelle de David, elle avait appartenu à son père Isaï ou Jessé. Au temps de saint Joseph, il ne restait plus des anciens bâtiments que les murs principaux. Sa position était charmante, surtout à cause des cours d'eau qui Tentouraient; je puis dire que je connais mieux les environs que le bourg de Flamské, où je suis née. On trouvait en avant de la maison, comme en avant de celles de l'ancienne Rome, un vestibule entouré de galeries couvertes comme d'une sorte de berceau. J'ai vu dans ces galeries des figures; c'étaient, si je ne me trompe, des bustes de personnages d'autrefois. De l'un des côtés de la cour était une fontaine jailHssante abritée par un petit édifice en pierre; l'eau jaillissait par des têtes d'animaux. Dans la maison même on ne voyait point de fenêtres à l'étage inférieur, mais seulement

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dans le haut des ouvertures rondes; je remarquai une porte à la maison. Autour de la partie supérieure de la maison circulait une large galerie, ayant aux quatre angles de petites tours, semblables à des colonnes basses et massives, lesquelles se terminaient par de grosses boules ou coupoles auxquelles on suspendait des drapeaux. Des jours de ces coupoles, auxquelles on arrivait par de petits escaliers pratiqués dans les tours, on pouvait, sans être vu, observer tout ce qui se passait alentour. Le palais de David à Jérusalem avait de petites tours de ce genre, et ce fut d'une de ces coupoles que le prince vit Bethsabée. A Bethléem, cette galerie couronnait un étage assez bas, terminé par une plate-forme, du milieu de laquelle s'élevait un petit édifice surmonté d'une tourelle analogue. Joseph et ses frères demeuraient à Fétage, et le petit édifice central était le logement d'un vieux Juif qui leur servait de précepteur. Ils couchaient tous autour d'une chambre, au milieu de Fétage que couronnait la galerie. Les couchettes, formées de tapis que, pendant le jour, on roulait contre la muraille, étaient séparées par des nattes qu'on pouvait également enlever. Dans leur enfance, je les ai souvent vus jouer dans leurs chambres; ils avaient des jouets figurant des animaux, comme de petits doguins (1). J'ai vu aussi que leur maître leur donnait de singulières leçons que je n'ai pas bien comprises. Je le vis placer par terre de petits bâtons, de façon à former différentes figures et faire aller ses élèves sur ces figures ; puis les enfants allaient sur d'autres figures, retiraient les morceaux de bois, les disposaient autrement, les séparaient et les mesuraient de différentes manières. Je vis aussi le père

(1) Elle appelle de ce nom les figures grimaçaules d'auiinaux qu'elle ne connaît pas.

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