X INTRODUCTION
douces violences qu'il m'a faites pour vaincre mes répugnances intérieures. Mais ce qui peut contirmer davantage tout ce que je viens de dire, pour justifier mon entreprise, c'est le sujet même dont je traite dans cette divine histoire : il est tellement au-dessus de l'esprit humain, qu'il doit faire conclure qu’une cause supérieure en est le principe, et qu'il n’y a que l'Esprit Divin qui en ait dicté les conceptions et les vérités sublimes qu'elle renferme.
Les véritables enfants de la sainte Eglise doivent avouer que tous les mortels sont incapables, ignorants et muets, non seulement quand ils sont réduits à leurs forces naturelles, mais même quand ces forces sont jointes à celles de la grâce commune et ordinaire, pour une entreprise aussi difficile que l'est celle d'expliquer, ou d'écrire les mystères cnchés et les magnifiques faveurs que le puissant bras du Très-Haut opéra en la sainte Vierge. En effet, l'ayant choisie pour sa mère, il en tit un océan insondable de sa grâce et de ses dons, et déposa en elle les plus grands trésors de sa Aivinité. Dès lors, comment s'étonner que notre ignorance et notre faiblesse reconnaissent ici leur incapacité, puisque les esprits angéliques éprouvent le même sentiment, et avouent qu'ils ne font que bégayer lorsqu'il s’agit de parler de choses qui sont si fort au-dessus de leurs pensées et de leurs connaissances ? C’est pourquoi la vie de ce phénix des œuvres de Dieu est un livre si sacré et si bien fermé, qu'il ne se trouvera jamais aucune créature ni dans le ciel, ni sur la terre, qui puisse être digne de l'ouvrir le Tout- Puissant seul, qui l’a formée la plus excellente de toutes les créatures, a ce pouvoir; et après lui, notre auguste Reine, qui, ayant mérité de recevoir tant de dons ineffables, à sans doute mérité aussi de les connaître. Mais il dépend de son Fils unique de les manifester de la manière et au temps qu'il lui plaît, et de choisir les in<’:: .ents qu'il a destinés à les