DE LA CHRONIQUE DU MONASTERE DES CARMELITES DE TOURS
Fondé en L'an de grâce mil-six-cent-huit, le 18 du mois de mai, et dédié - ible de Notre-Datne-iles-Anges.
La vénérable Mère Magdeleine de Saint-Joseph, l'une des premières Carmélites françaises, était fille d'un seigneur des environs de Tours, M. de Fonteines-Marans. Elle fit sa profession au premier couvent de Paris; et bientôt, attirées par son exemple, deux sœurs
qu'elle avait laissées dans le monde voulurent la suivre au Carmel. L'aînée devint effectivement professe du même monastère. La plus jeune alla l'y rejoindre ; c'était un excellent sujet, inébranlable dans sa vocation ; mais Dieu avait d'autres desseins sur cette intéressante demoiselle. Sa faible santé lui ôta toute espérance de pouvoir soutenir l'austérité de la règle. Elle n'y renonça qu'avec une peine extrême ; ne voulant pas rentrer dans le monde, elle demanda une chambre au logis des tourières. Son père, 'qui l'aimait beaucoup, fut. très-afiligé de lui voir prendre ce parti, et lui ordonna de revenir à Tours. Mais Mademoiselle de Fonteines-Marans croyant faire la volonté de Dieu, demeura ferme dans sa résolution.
Pour concilier toutes choses et remplir autant que possible les vues du père et de la fille, notre bienheureuse sœur Marie de l'Incarnation, alors Madame Acarie, qui était leur parente, conçut le dessein d'engager M. de Fonteines-Marans à fonder un couvent de Carmélites à Tours, et à y faire admettre sa fille en qualité de bienfaitrice. Les supérieurs approuvèrent ce projet, et Madame Acarie se chargea de la négociation. On avait une telle expérience de son habileté, et Dieu bénissait si visiblement ses entreprises, que Ja réussite parut dès-] ors assurée. La Bienheureuse écrivit d'abord à M. de Fonteines pour l'apaiser à l'égard du refus de sa fille et conduisit celle-ci dans la terre qu'il habitait près de Tours. Elle lui proposa ensuite d'établir un couvent du Carmel; le bon seigneur opposa d'abord certaines difficultés; mais la servante de Dieu, qui traitait plus avec les Anges qu'avec les hommes, compta sur le secours d'en haut, et ne fut pas trompée. M. de Fonteines-Marans consentit bientôt à devenir le fondateur du nouveau monastère, à la seule condition que la mère Anne de Saint-Barthélémy ferait la fonda-